La Commission de l’Union africaine (UA) a appelé jeudi les États membres à accélérer leurs préparatifs face à un phénomène annoncé comme potentiellement le plus intense depuis 1950, avec des risques majeurs sur la sécurité alimentaire, les ressources en eau et les économies du continent.
La Commission de l’Union africaine (UA) a tiré la sonnette d’alarme jeudi sur la probabilité élevée d’un « super El Niño » attendu entre novembre 2026 et février 2027, appelant les pays africains à agir rapidement pour limiter les impacts potentiels de cet événement climatique.
« Les projections scientifiques indiquent une probabilité de 90 % qu’un événement super El Niño se développe plus tard cette année, avec un pic d’intensité attendu entre novembre 2026 et février 2027 », a déclaré le Commissaire au Département de l’agriculture, du développement rural, de l’économie bleue et de l’environnement durable de la Commission de l’UA, Moses Vilakati.
Il s’exprimait lors de la session ministérielle extraordinaire de consultation sur la préparation à El Niño et la réponse continentale, organisée par l’organisation panafricaine avec la participation de ministres, de représentants des communautés économiques régionales, d’institutions spécialisées, de partenaires au développement et du système des Nations unies.
Selon M. Vilakati, cet épisode climatique « n’est pas une possibilité lointaine », mais constitue « un risque imminent » nécessitant une préparation aux niveaux national, régional et continental.
Les projections présentées lors de cette rencontre font craindre des conséquences importantes pour plusieurs régions africaines, notamment des sécheresses sévères, des inondations dévastatrices, des vagues de chaleur prolongées, des pénuries d’eau, une aggravation de l’insécurité alimentaire ainsi qu’une hausse des besoins humanitaires.
Le Commissaire de l’UA a rappelé les conséquences déjà observées lors du précédent épisode El Niño de 2023-2024, particulièrement en Afrique australe, où plusieurs pays avaient déclaré l’état de catastrophe nationale en raison d’une forte sécheresse.
« Les impacts du phénomène El Niño de 2023-2024 ont conduit la région de la SADC à lancer un appel humanitaire de 5,5 milliards de dollars pour soutenir plus de 71 millions de personnes affectées », a-t-il indiqué, soulignant les effets sur la production agricole, la disponibilité alimentaire et la production hydroélectrique.
Face à cette nouvelle menace, l’Union africaine plaide pour une approche fondée sur l’anticipation plutôt que sur la réponse aux crises.
« La différence entre une crise maîtrisable et une catastrophe humanitaire dépendra de ce que nous faisons avant que les impacts ne surviennent », a estimé Moses Vilakati.
Il a insisté sur la nécessité de renforcer les plans nationaux de préparation, d’investir dans une agriculture résiliente au climat, de protéger les ressources hydriques et les infrastructures essentielles, mais aussi d’étendre les systèmes d’alerte précoce « à chaque village, chaque agriculteur, chaque éleveur et chaque communauté vulnérable ».
Pour le responsable africain, les progrès réalisés dans les systèmes d’observation climatique, les prévisions saisonnières et les services d’information climatique constituent des outils essentiels, mais doivent désormais être traduits en décisions politiques, en investissements et en actions concrètes sur le terrain.
« La science seule ne suffit pas. Ces prévisions doivent orienter les politiques, les budgets et les investissements », a-t-il déclaré.
Cette réunion extraordinaire intervient dans un contexte où les pays africains cherchent à renforcer leur résilience face à la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes liés à la variabilité du climat et au changement climatique.
« L’Afrique ne doit pas attendre qu’une catastrophe survienne avant d’agir », a conclu Moses Vilakati, appelant à une réponse continentale coordonnée fondée sur la solidarité, la science et la prévention.
ARD/te/Sf/APA







