Le dossier du Nil conserve une dimension particulièrement sensible pour l’Égypte, dont l’approvisionnement en eau dépend quasi exclusivement du fleuve. En même temps que la coopération régionale, ce dossier était au cœur des entretiens égypto-ougandais tenus au Palais d’Entebe.
Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi et son homologue ougandais Yoweri Museveni ont mis l’accent sur la coordination autour du Nil et des ressources hydriques, lors d’un entretien tenu mercredi au palais présidentiel d’Entebbe, dans un contexte de multiplication des initiatives diplomatiques africaines autour des enjeux de sécurité, d’eau et d’intégration régionale.
La présidence égyptienne a indiqué que les deux dirigeants ont évoqué le renforcement de la coopération bilatérale dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’agriculture, l’irrigation et la santé. Le Caire cherche à consolider ses relations avec les pays du bassin du Nil alors que les questions hydriques demeurent au cœur des équilibres géopolitiques régionaux.
Cette rencontre intervient dans le prolongement de la participation d’Al-Sissi au Sommet Afrique-France organisé à Nairobi les 11 et 12 mai sous le slogan «En avant l’Afrique». Selon un communiqué de la présidence égyptienne, le chef de l’État a affirmé que «l’Égypte aspire à développer les échanges commerciaux et à établir des partenariats d’investissement durables qui servent les intérêts communs».
Le dossier du Nil conserve une dimension particulièrement sensible pour l’Égypte, dont l’approvisionnement en eau dépend quasi exclusivement du fleuve. La coopération avec Kampala occupe ainsi une place importante dans la stratégie diplomatique du Caire envers les États d’Afrique de l’Est. Dans cette dynamique, Al-Sissi a officiellement invité Yoweri Museveni à la réunion de coordination de l’Union africaine prévue en Égypte en juin 2026, alors que l’Ouganda assure actuellement la présidence de la Communauté d’Afrique de l’Est.
La relation entre les deux pays connaît une activité diplomatique soutenue depuis plusieurs mois. La dernière visite du président ougandais en Égypte remonte à août 2025, tandis que la dernière visite d’Al-Sissi en Ouganda datait de 2017. Le président égyptien a également félicité son homologue pour sa réélection, estimant qu’elle «reflète la confiance du peuple ougandais».
Au-delà des questions bilatérales, les échanges ont porté sur plusieurs foyers de crise régionaux, notamment au Soudan, en Libye et dans les territoires palestiniens occupés. Al-Sissi a souligné la nécessité pour les pays voisins de jouer un «rôle constructif pour restaurer la stabilité et instaurer une paix durable». Museveni a, de son côté, défendu des solutions «nationales et africaines» adaptées aux réalités du continent.
Cette séquence diplomatique s’inscrit dans une offensive régionale plus large menée par Le Caire. En marge du sommet de Nairobi, Al-Sissi avait plaidé pour une réforme du traitement de la dette africaine, appelant à «briser le cercle vicieux» des dettes souveraines sur le continent. Il avait également multiplié les rencontres avec plusieurs dirigeants africains, le secrétaire général de l’ONU António Guterres ainsi qu’avec le PDG du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, autour des infrastructures portuaires égyptiennes.
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