Le (GAFI) a décidé de retirer l’Algérie de sa liste grise, saluant les réformes engagées depuis 2024 pour renforcer la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Une décision susceptible d’améliorer l’attractivité financière du pays et de renforcer sa crédibilité auprès des investisseurs internationaux.
Réunie au siège de l’OCDE à Paris, la plénière du GAFI a adopté à l’unanimité la décision de retirer l’Algérie de la liste des juridictions faisant l’objet d’une surveillance renforcée. Cette annonce marque l’aboutissement d’un processus engagé il y a près de deux ans, lorsque le pays avait été placé sur la liste grise en raison de lacunes identifiées dans son dispositif de lutte contre les flux financiers illicites.
La décision intervient après l’évaluation positive de l’ensemble des mesures mises en œuvre dans le cadre du plan d’action convenu avec l’organisation internationale. Selon les autorités algériennes, la délégation présente à Paris était conduite par le ministre des Finances et le gouverneur de la Banque d’Algérie, illustrant l’importance stratégique accordée à ce dossier au plus haut niveau de l’État.
Depuis son inscription sur la liste grise en 2024, l’Algérie a engagé une série de réformes législatives, réglementaires et institutionnelles destinées à renforcer la transparence financière et à améliorer les mécanismes de prévention, de détection et de répression du blanchiment de capitaux ainsi que du financement du terrorisme. Le comité national chargé de l’évaluation des risques a coordonné les actions des différentes administrations concernées afin d’assurer le respect des engagements pris auprès du GAFI.
Parmi les mesures les plus significatives figure la révision de la loi relative à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. L’amendement adopté en juillet 2025 a introduit une approche fondée sur l’évaluation des risques, renforcé les obligations de transparence applicables aux acteurs économiques et financiers et élargi les outils d’investigation à la disposition des autorités compétentes. Les autorités ont également renforcé le contrôle des organisations à but non lucratif et interdit l’usage des actifs virtuels, notamment les cryptomonnaies.
Les réformes ont aussi concerné les professions juridiques et le secteur commercial. Les notaires ont bénéficié de programmes de formation spécifiques, tandis que la numérisation progressive des études notariales et la mise en place d’un centre national de données ont été présentées comme des instruments destinés à améliorer la traçabilité des transactions. Parallèlement, des modifications législatives ont été introduites afin de répondre aux recommandations du GAFI relatives à l’identification des bénéficiaires effectifs et à la transparence des activités commerciales.
L’organisation internationale avait déjà reconnu en février 2026 que l’Algérie avait « substantiellement achevé » son plan d’action, ouvrant la voie à une mission de vérification sur le terrain réalisée en avril. Cette visite constituait l’étape finale avant la décision formelle adoptée cette semaine à Paris.
Au-delà de sa portée réglementaire, cette sortie de la liste grise revêt une dimension économique importante. Elle devrait contribuer à renforcer la confiance des banques internationales, faciliter les opérations financières transfrontalières et améliorer les conditions d’accès du pays aux marchés internationaux de capitaux. Pour les investisseurs étrangers, elle constitue également un signal positif quant à l’évolution du cadre de gouvernance financière algérien.
Cette décision intervient dans un contexte où Alger cherche à attirer davantage d’investissements hors hydrocarbures et à accélérer la modernisation de son économie. En obtenant la levée de cette surveillance renforcée, les autorités espèrent désormais transformer ce succès réglementaire en levier d’attractivité économique et financière sur la scène internationale.
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