Le ministère libyen de l’Économie et du Commerce accuse certaines sociétés importatrices d’avoir majoré les prix en utilisant le taux de change parallèle, malgré l’accès à des devises au taux officiel de la banque centrale.
Le ministère de l’Économie et du Commerce a mis en cause des entreprises importatrices pour des pratiques jugées spéculatives liées à l’utilisation du dollar subventionné. Dans un communiqué publié dimanche, le ministère affirme que des sociétés ayant bénéficié de devises étrangères au taux officiel auraient néanmoins fixé les prix de vente en se référant au taux du marché parallèle, alourdissant ainsi la facture pour les consommateurs.
Selon ce département, les entreprises concernées opèrent notamment dans l’importation de véhicules, de matériel de transport et de pneumatiques. Bien qu’elles aient obtenu des lettres de crédit au taux officiel garanti par la Banque centrale de Libye, ces sociétés auraient commercialisé leurs produits sur la base du taux du dollar pratiqué sur le marché noir, en nette divergence avec le cadre réglementaire en vigueur.
Le communiqué précise que des données officielles de la banque centrale montrent que plus de 820 millions de dollars de recettes pétrolières ont été mobilisés ces derniers mois pour financer les importations à un taux subventionné d’environ 6,20 dinars pour un dollar. Or, certaines entreprises auraient appliqué un taux parallèle avoisinant 10 dinars pour un dollar dans la fixation de leurs prix, générant, selon le ministère, un surcoût non déclaré d’environ 60 % supporté par les consommateurs.
Le ministère estime que ces pratiques ont détourné l’objectif initial des subventions, censées soutenir le pouvoir d’achat et le niveau de vie. Les recettes pétrolières auraient ainsi été transformées en profits privés par des entreprises achetant des devises à bas prix et vendant des biens à des prix alignés sur le marché parallèle, au détriment des citoyens, en particulier des ménages à faibles revenus.
Face à cette situation, le ministère a averti que la correction de ces déséquilibres passe par une coordination étroite des politiques budgétaires et monétaires, ainsi que par des mesures microéconomiques plus strictes. Il cite notamment le renforcement des règles de concurrence, la transparence des mécanismes de subvention, le contrôle des prix et l’identification des bénéficiaires effectifs des devises subventionnées.
Réaffirmant son engagement en faveur de la protection des consommateurs et de la réforme des marchés, le ministère de l’Économie et du Commerce a appelé l’ensemble des institutions concernées à soutenir cette démarche. La déclaration était accompagnée de listes d’entreprises impliquées dans l’importation de véhicules, de matériel de transport, ainsi que de batteries et de pneumatiques automobiles.
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