Le Gouvernement d’union nationale a annoncé l’ouverture d’une enquête urgente sur l’enlèvement d’Abrik Al-Mazeg, opposant originaire d’Ajdabiya, qui aurait été transféré aux forces affiliées au maréchal Khalifa Haftar.
Le vice-ministre de la Défense du Gouvernement d’union nationale (GNU), Abdulsalam Al-Zoubi, a adressé une directive officielle au procureur militaire libyen afin d’élucider les circonstances de l’enlèvement d’Abrik Younes Al-Mazeg. Selon les informations relayées par des sources proches du GNU, l’intéressé aurait été interpellé à Misrata, où il résidait, avant d’être transféré vers Syrte et remis à des forces loyales au commandement militaire de l’Est dirigé par Khalifa Haftar.
Originaire d’Ajdabiya, Al-Mazeg figure parmi les personnes déplacées ayant quitté la ville après s’être opposées à l’offensive lancée en 2014 par les forces de l’Est, connue sous le nom d’« Opération dignité ». Son cas ravive les tensions persistantes entre les autorités basées à Tripoli et celles de l’Est libyen, malgré les tentatives de stabilisation institutionnelle engagées ces dernières années sous l’égide des Nations Unies.
Dans sa correspondance officielle, Abdulsalam Al-Zoubi a exigé une enquête « rapide et approfondie » afin de déterminer les responsabilités juridiques et d’engager des poursuites contre les personnes citées dans le dossier. Il a également demandé que le ministère de la Défense soit tenu informé de l’évolution des investigations. Cette décision impose aux services concernés de coopérer pleinement avec les autorités judiciaires militaires.
L’affaire intervient dans un contexte institutionnel fragmenté, où les appareils sécuritaires demeurent marqués par des allégeances multiples et des rivalités persistantes. La possible implication d’éléments liés aux services de renseignement, évoquée par certaines sources médiatiques, soulève des interrogations sur la coordination des structures sécuritaires sous l’autorité du GNU et sur le respect des garanties procédurales.
Au-delà du cas individuel, cet épisode met en lumière les fragilités du processus de réconciliation nationale et la difficulté à unifier les chaînes de commandement militaire et sécuritaire. La crédibilité de l’exécutif de Tripoli sera observée à l’aune de la transparence de l’enquête annoncée et de sa capacité à établir clairement les responsabilités dans un environnement politique toujours polarisé.
MK/AK/Sf/APA







