L’Afrique du Sud est secouée par de graves accusations visant le ministre de la Police, Senzo Mchunu, soupçonné d’entraver des enquêtes sur des assassinats politiques et de protéger un réseau criminel organisé.
Le commissaire de police de la province du KwaZulu-Natal, Nhlanhla Mkhwanazi, a jeté un pavé dans la mare dimanche, en affirmant lors d’une conférence de presse que le ministre Senzo Mchunu avait ordonné la dissolution, en décembre 2024, de l’unité spéciale chargée des meurtres politiques. Il a également accusé le ministre d’avoir bloqué des nominations clés dans les services de renseignement criminel.
Selon Mkhwanazi, le commissaire national adjoint en charge des enquêtes, Shadrack Sibiya, aurait retiré plus de 120 dossiers à cette unité entre janvier et avril 2025, paralysant ainsi des enquêtes cruciales.
Créée en 2018 après l’assassinat du militant Musawenkosi Qashana Mchunu, l’unité spéciale avait obtenu plus de 120 condamnations représentant 1 800 années de prison.
L’arrestation récente de l’homme d’affaires Vusimuzi Matlala, impliqué dans un contrat de plus de 360 millions de rands avec la police, aurait révélé des échanges compromettants entre ce dernier, le ministre Mchunu et son proche allié Brown Mogotsi. Des communications électroniques évoqueraient un financement des activités politiques du ministre par Matlala, corroboré par des preuves de paiements et d’invitations à des événements officiels.
Le président Cyril Ramaphosa a qualifié ces révélations de « menace grave pour la sécurité nationale » et appelé à préserver l’intégrité des services de sécurité. Il a promis un suivi rapproché du dossier.
De son côté, le ministre Mchunu a rejeté toutes les accusations, affirmant qu’il y répondrait officiellement après avoir pris connaissance des déclarations du commissaire.
Plusieurs partis d’opposition, dont les Economic Freedom Fighters, Rise Mzansi, ActionSA et le parti uMkhonto weSizwe, exigent la suspension immédiate du ministre et l’ouverture d’une enquête parlementaire.
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