Les forces fédérales éthiopiennes ont repris le contrôle des villes de Shire et d’Adigrat, dans la région du Tigré, alors que les combattants rebelles poursuivent leur repli vers la frontière érythréenne, selon des témoignages recueillis sur place.
Des habitants de Shire ont indiqué à l’APA que les forces gouvernementales éthiopiennes sont entrées dans la ville qu’elles ont reprise, vendredi après-midi, sans rencontrer de résistance, les combattants rebelles s’étant retirés avant leur arrivée.
« Les gens sont sortis pour les voir arriver. Les magasins sont fermés. Pour éviter les pillages, les habitants se sont organisés dans leurs quartiers respectifs et assurent eux-mêmes leur sécurité », a témoigné un résident.
Selon plusieurs habitants, les combattants rebelles ainsi que l’administration locale avaient quitté la ville dès mercredi. Quatre personnes auraient été tuées lors d’échanges de tirs survenus dans un contexte de pillages.
Par ailleurs, des forces érythréennes auraient été aperçues ces derniers jours à Adigrat, en territoire éthiopien, avant d’être visées par des frappes de drones attribuées à l’armée éthiopienne, selon un observateur du conflit et des témoins.
Les combattants tigréens se replieraient désormais vers Sheraro, une localité située à proximité de la frontière avec l’Érythrée, d’après un responsable d’une faction dissidente du Front populaire de libération du Tigré (TPLF).
Dans ce contexte, Ethiopian Airlines a annoncé la reprise de ses vols à destination de Mekelle, la capitale régionale du Tigré, à partir de dimanche. Cette décision intervient alors que les autorités fédérales semblent reprendre progressivement le contrôle de plusieurs zones de la région.
« Beaucoup font défection et retournent dans leurs villages », a déclaré le responsable tigréen.
Le gouvernement éthiopien accuse l’Érythrée voisine de soutenir les rebelles du Tigré, qui auraient lancé de nouvelles attaques contre les forces fédérales le mois précédent.
Les relations diplomatiques entre les deux pays ont été rompues la semaine dernière. Depuis, des troupes érythréennes seraient entrées en territoire éthiopien. Une source sécuritaire étrangère estime entre 5 000 et 8 000 le nombre de soldats érythréens présents dans la région du Tigré.
Au cours de la semaine écoulée, l’armée éthiopienne a intensifié ses opérations contre les combattants du TPLF et s’est emparée de Mekelle, principal centre politique et administratif de la région.
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