Le gouvernement égyptien resserre son contrôle sur les établissements scolaires internationaux. Entre enseignement obligatoire des matières nationales, restrictions sur certaines célébrations et multiplication des inspections, Le Caire entend renforcer l’ancrage culturel et éducatif de ces structures privées.
L’Égypte durcit les règles applicables aux écoles internationales. Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement technique, Mohamed Abdellatif, a annoncé, le 10 septembre, l’obligation pour ces établissements d’enseigner les matières liées à l’identité nationale, notamment la langue arabe et les études nationales. Les autorités entendent également mettre fin aux célébrations considérées comme incompatibles avec la culture égyptienne.
Présentées comme un moyen de préserver les références culturelles et nationales, ces mesures traduisent une volonté accrue de contrôle de l’enseignement international. Le ministère prévoit notamment de renforcer la surveillance des programmes pédagogiques et des activités organisées dans les établissements concernés. Une circulaire prévoit la constitution de commissions d’inspection chargées de vérifier leur conformité aux règles administratives, notamment le respect des capacités d’accueil autorisées.
Le gouvernement entend également limiter le recours à l’enseignement à domicile (homeschooling), dans un contexte où les autorités cherchent à renforcer leur contrôle sur les parcours éducatifs. Cette orientation pose la question de l’équilibre entre la liberté de choix des familles, l’ouverture internationale des établissements et la préservation du référentiel éducatif national.
Sur le plan des infrastructures, Mohamed Abdellatif a annoncé que le nombre effectif de jours de classe avait atteint 183 par année, contre 116 auparavant. Le ministère affirme également avoir ramené à 530 le nombre d’établissements fonctionnant en double vacation, avec l’objectif de supprimer progressivement ce système d’ici à l’année scolaire 2027-2028. La densité des classes aurait également été réduite, aucune ne dépassant désormais 50 élèves, selon le ministre.
Les ressources humaines constituent un autre volet de cette réforme. Quelque 43 000 enseignants ont été recrutés pour la rentrée 2026-2027, tandis que 150 000 autres ont bénéficié de programmes de formation en coopération avec des partenaires internationaux. Le ministre a, par ailleurs, réaffirmé le maintien de la gratuité de l’enseignement public, garantie par la Constitution.
Le Caire mise parallèlement sur la coopération internationale pour moderniser son système éducatif. Le nombre d’écoles égypto-japonaises est passé de 51 en 2023 à 101 pour la rentrée 2026-2027, avec un objectif de 500 établissements à l’horizon 2030.
Près de 100 nouvelles écoles sont également prévues avec l’Italie, tandis que des programmes de formation professionnelle sont développés avec l’Allemagne. Le ministère revendique enfin la révision de 160 programmes scolaires pour l’année 2026-2027 et le développement de 94 programmes d’enseignement général.
MK/AK/Sf/APA





