L’édition 2026 de CYBER EX, la toute première simulation nationale de crise cyber en Côte d’Ivoire, s’est ouverte ce mercredi 28 octobre 2026 à Abidjan, en présence de plusieurs membres du gouvernement et des acteurs du secteur de la cybersécurité.
Cet événement stratégique, qui se déroule sur deux jours, du 28 au 29 octobre, réunit près de 800 participants issus de trois secteurs névralgiques de l’économie, notamment de l’énergie, des télécommunications et de la finance.
Pour l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), initiatrice du CYBER EX, l’objectif est clair : éprouver la capacité collective du pays à maintenir la continuité des services essentiels en cas d’attaque informatique majeure.
Le général de brigade Guelpétchin Ouattara, directeur général de l’ANSSI et président du Comité de pilotage, a, à l’ouverture des travaux, indiqué que depuis janvier 2026, l’ANSSI a notifié 147 vulnérabilités majeures à 124 organisations.
Ces failles, dira-t-il, ont provoqué des fuites de données sensibles et des blocages de systèmes suivis de demandes de rançon. Les équipes de l’agence sont par ailleurs intervenues directement sur quatre crises critiques, résolues avec succès.
Un scénario catastrophe pour tester les équipes en conditions réelles

Face à cette menace invisible mais dévastatrice, le général Ouattara prône un changement de paradigme basé sur la résilience et s’interroge : « Comment protéger une nation quand l’attaque ne vise plus son territoire, mais ses systèmes électriques, les comptes de ses entreprises ou la façon de penser de ses citoyens ? »
« Nous ne gagnerons pas en prétendant tout empêcher. Nous gagnerons par la résilience : être attaqué est presque certain ; mais il nous faut le voir vite, le contenir, amoindrir les dégâts et remettre les services essentiels en marche sans que le pays ne s’arrête », a-t-il martelé.
Placée sous le thème « Résilience numérique nationale : anticiper, réagir, rebondir ensemble pour garantir la sécurité », cette simulation plonge les participants, issus du secteur public et privé, dans un scénario réaliste et progressif.
L’exercice commence par un incident banal, un écran de supervision qui se fige pour muter en moins d’une heure en une crise d’envergure nationale : une panne électrique qui fragilise les télécoms, bloque les paiements bancaires et sème un début de panique chez les usagers.
Les équipes techniques devront détecter, qualifier et remédier à cette cyberattaque généralisée dans un environnement dédié. « Grâce à CYBER EX, vous ne découvrirez pas votre cellule de crise pendant la crise. Entrez dans le scénario, prenez les décisions inconfortables et acceptez l’erreur », a lancé le patron de l’ANSSI aux participants.
Soutenant fermement l’initiative au nom du parrain de l’événement, le Vice-Premier ministre et ministre de la Défense Tene Birahima Ouattara, le ministre de la Promotion de la Jeunesse, Mamadou Touré, a rappelé qu’« on ne découvre pas le combat le jour de la bataille ».
Une stratégie nationale globale pour rassurer les investisseurs

Mamadou Touré a insisté sur le fait que si la défense cyber est globale, les Directeurs des systèmes d’information (DSI) restent en première ligne, faisant de leurs compétences le gage ultime de la confiance numérique.
Pour le ministre de la Transition Numérique et de l’Innovation Technologique, Djibril Ouattara, cette simulation est une opportunité de corriger les faiblesses structurelles du pays afin de consolider un environnement propice aux investissements.
Le ministre de la Transition Numérique et de l’Innovation Technologique, a profité de l’occasion pour annoncer que la stratégie nationale de cybersécurité est en pleine « révision » et s’étendra sur la période 2026-2030.
Le général Philippe Mangou, président du Conseil de surveillance de l’ANSSI, a déclaré que la simple conscience du risque ne suffit plus : « Il faut y faire face ». Mieux, se préparer afin d’être efficace dans l’action.
Le président du Conseil de surveillance de l’ANSSI a assuré que les enseignements tirés de cette première édition de CYBER EX, simulation nationale de crise cyber, seront immédiatement capitalisés pour faire face aux menaces futures.
Ayant déjà essuyé des cyberattaques d’envergure nationale, une délégation venue du Sénégal participe activement aux travaux afin de partager son retour d’expérience et renforcer la coopération bilatérale face aux fléaux du cyberespace.
AP/APA





