Les directeurs généraux de la police du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont ouvert jeudi à Ouagadougou leur deuxième réunion de concertation afin d’accélérer l’intégration sécuritaire de la Confédération des États du Sahel (AES), à travers le renforcement de la coopération opérationnelle, du partage de renseignements et de l’harmonisation des contrôles aux frontières.
Les travaux, qui se poursuivent jusqu’au 17 juillet, visent à traduire en mesures concrètes les décisions arrêtées lors de la réunion des ministres chargés de la Sécurité de l’AES, tenue le 1er juillet dans la capitale burkinabè.
La session est présidée par le directeur général de la Police nationale du Burkina Faso, l’inspecteur général Thierry Dofizouho Tuina, en présence du contrôleur général Youssouf Koné, directeur général de la Police nationale du Mali, du commissaire général Assahaba Ebankawel, directeur général de la Police nationale du Niger, ainsi que du colonel Ernest Auguste Guiwassa Yelemou, chargé des questions de défense et de sécurité à la Commission de l’AES.
Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement de la première réunion des chefs de police de la Confédération, organisée les 30 et 31 janvier 2025 à Bamako. Elle intervient après l’adoption d’un arrangement technique sur l’harmonisation des contrôles routiers et la validation d’un projet de protocole additionnel consacré à la sécurité intérieure.
Les responsables policiers entendent uniformiser les procédures de contrôle sur les principaux corridors routiers afin de renforcer la sécurité tout en facilitant la libre circulation des personnes et des marchandises. Cette harmonisation doit également contribuer à réduire les rackets, les perceptions illicites et les tracasseries dénoncées par les transporteurs et les voyageurs.
Les discussions portent également sur l’interconnexion progressive des systèmes d’information des trois pays. À terme, les services habilités devraient pouvoir consulter les bases de données relatives aux personnes recherchées, aux véhicules volés ou aux objets signalés, afin d’améliorer le partage du renseignement et l’identification des suspects aux postes-frontières.
La coopération devrait aussi s’étendre à la police scientifique, aux enquêtes judiciaires, au maintien de l’ordre, à la formation des personnels, ainsi qu’au partage d’équipements spécialisés. Les recommandations formulées par les groupes techniques seront soumises aux directeurs généraux avant l’adoption d’un rapport final.
Cette montée en puissance de la coopération policière répond aux défis sécuritaires communs auxquels font face les trois États, notamment le terrorisme, les trafics d’armes et de stupéfiants, la traite des êtres humains, le trafic de migrants, la cybercriminalité et les réseaux criminels transfrontaliers.
Le directeur général de la Police nationale du Mali a plaidé pour une circulation plus rapide du renseignement et le développement d’opérations conjointes, tout en appelant à adapter les méthodes d’investigation aux nouvelles formes de criminalité liées aux technologies numériques et à l’intelligence artificielle. Il a rappelé que son pays a récemment renforcé ses dispositifs de police de proximité, ses unités spécialisées aux frontières et ses capacités de lutte contre la cybercriminalité.
Les participants reconnaissent toutefois que l’efficacité de cette coopération dépendra de la mise en réseau effective des bases de données, de la compatibilité des systèmes informatiques et de l’adoption de règles communes encadrant l’accès et l’échange des informations. L’objectif affiché est de faire de la coopération policière un pilier opérationnel de l’intégration sécuritaire de l’AES.
MD/te/Sf/APA







