Réunis ce 19 janvier 2026 à Bamako, les acteurs de l’enseignement supérieur ont ouvert un atelier consacré à la redynamisation de la recherche dans l’espace CAMES. La rencontre intervient dans un contexte marqué par de fortes contraintes structurelles pesant sur la production scientifique au Mali.
Sous la présidence du Premier ministre Abdoulaye Maïga, se sont ouverts à Bamako les travaux consacrés par les acteurs de l’enseignement supérieur à la redynamisation de la recherche scientifique dans l’espace du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur.
Pendant une semaine, responsables universitaires, chercheurs et partenaires techniques examinent les documents stratégiques devant encadrer l’organisation et le fonctionnement de la recherche au niveau national et régional.
L’atelier vise à harmoniser les textes opérationnels régissant la recherche scientifique, dans un environnement où les universités maliennes font face à des défis persistants liés au financement, à l’insuffisance des infrastructures et à la mobilité des compétences. Selon les données du ministère de l’Enseignement supérieur, moins de 10% du budget national est consacré à l’enseignement supérieur et à la recherche, une situation qui limite la capacité des laboratoires à produire des travaux continus et compétitifs.
Le Mali compte aujourd’hui plusieurs milliers d’enseignants-chercheurs, dont une part importante exerce sans accès régulier à des fonds de recherche ni à des équipements spécialisés. Cette fragilité contribue à un ralentissement des publications scientifiques et à une faible représentation des universités maliennes dans les classements et programmes de recherche internationaux.
Dans l’espace CAMES, qui regroupe plus d’une vingtaine de pays africains, la question de la mutualisation des ressources scientifiques est devenue centrale. Les autorités estiment que la coordination régionale peut permettre de renforcer l’évaluation académique, la reconnaissance des diplômes et la mobilité scientifique, tout en soutenant la production de savoirs adaptés aux réalités africaines.
Lors de l’ouverture des travaux, le chef du gouvernement a rappelé que la recherche constitue un levier stratégique pour l’élaboration des politiques publiques, notamment dans les domaines de la santé, de l’agriculture, de l’environnement et de la gouvernance. Les discussions portent également sur la valorisation des résultats scientifiques, souvent peu exploités dans les processus décisionnels.
Les conclusions attendues de l’atelier doivent déboucher sur des orientations opérationnelles visant à renforcer la recherche, à stabiliser les carrières académiques et à inscrire le Mali dans les dynamiques scientifiques régionales, dans un contexte où le savoir devient un enjeu stratégique.
MD/Sf/APA







