Les autorités tchadiennes ont accordé un nouveau délai au 3ᵉ Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-3), dont les opérations de terrain sont prolongées jusqu’au 6 août 2026 afin de rattraper les retards enregistrés dans le déploiement des équipes et d’améliorer la couverture du territoire.
Le gouvernement tchadien a décidé de proroger une seconde fois la période du 3ᵉ Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-3), désormais fixée jusqu’au 06 août 2026. Cette décision est actée par décret publié ce 20 juillet.
Un lancement retardé dès le départ
La phase de dénombrement de la population avait démarré effectivement le 20 juin 2026, sous l’impulsion du président de la République, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, qui s’est fait recenser en premier en tant que chef de ménage.
Les équipes de terrain avaient été déployées sur l’ensemble des zones de dénombrement le 26 juin. Dès les premiers jours, l’opération a accusé du retard : une session extraordinaire de la Commission nationale de la population a constaté un retard de plus d’une semaine dans le déploiement des agents recenseurs, ce qui avait déjà conduit à une première prorogation, portant la date limite au 21 juillet 2026.
Des prévisions ambitieuses
Le RGPH, troisième recensement de l’histoire du pays, après ceux de 1993 et 2009, est couplé pour la première fois au Recensement général de l’agriculture et repose sur des outils numériques : images satellitaires, tablettes et technologies de l’information.
L’opération intervient dix-sept ans après le dernier recensement, dans un contexte de forte croissance démographique : la population tchadienne est estimée à plus de 21,5 millions d’habitants, contre environ 11 millions en 2009. Selon le coordonnateur du Bureau de coordination du troisième recensement (BCTR), Dr Madjigoto Robert, plus de 1,15 million de ménages avaient déjà été recensés début juillet. Au 5 juillet, près de 36 000 agents recenseurs et contrôleurs étaient mobilisés sur le terrain, dont 60 équipes mobiles dédiées au dénombrement des populations nomades.
Des difficultés opérationnelles sur le terrain
Plusieurs facteurs expliquent les retards accumulés. Outre les problèmes de déploiement logistique des agents, l’exercice a également dû composer avec la méfiance initiale de certaines populations : certains habitants se sont montrés réticents au départ, craignant que le recensement soit lié à la fiscalité, avant que des campagnes de sensibilisation ne facilitent l’accès des agents aux foyers.
Par ailleurs, le questionnaire, particulièrement exhaustif puisqu’il croise des données démographiques, des informations sur l’habitat et de nouveaux indicateurs agricoles, a pu se révéler déroutant pour une partie de la population, ralentissant le rythme de collecte dans certaines zones.
Face à ces obstacles, les autorités disent avoir mis en œuvre des mesures correctives et se déclarent confiantes quant à l’atteinte des objectifs fixés d’ici la nouvelle échéance du 6 août.
CA/ac/Sf/APA







