Une session conjointe historique des Comités techniques spécialisés de l’Union africaine (UA) s’est ouverte ce lundi 20 juillet 2026 à Abidjan. Les experts ont trois jours pour formuler des propositions concrètes et bancables afin d’accélérer la transformation productive de l’Afrique face à une conjoncture internationale complexe.
La capitale économique ivoirienne abrite la réunion des Comités techniques spécialisés (CTS), une rencontre d’envergure internationale sous l’égide de l’Union africaine (UA). Pour la première fois, deux sessions ordinaires des experts fusionnent : Le 9ème Comité technique spécialisé (CTS) sur les Finances, les Affaires monétaires, la Planification économique et l’Intégration, et du 5ème CTS sur le Commerce, le Tourisme, l’Industrie et les Ressources minérales.
Placée sous le thème « Financer l’industrialisation de l’Afrique pour un développement durable », cette session conjointe réunit de hautes personnalités. Parmi elles figurent Francisca Belobe, Commissaire au développement économique de l’UA, Abner Thulani Dlamini, président du Bureau des experts du CTS Finances, ainsi que de nombreuses délégations des États membres et d’institutions internationales.
Vassogbo Bamba, directeur de Cabinet adjoint du ministre ivoirien de l’Économie, des Finances et du Budget, a planté le décor lors de son allocution d’ouverture. Si l’Afrique a enregistré une croissance économique appréciable ces deux dernières décennies, celle-ci manque encore de profondeur productive.

Le constat chiffré continue d’interpeler : le continent abrite environ 18 % de la population mondiale, mais sa contribution à la valeur ajoutée manufacturière mondiale stagne à près de 2 %, a fait observer Vassogbo Bamba.
Les exportations restent encore lourdement dominées par des produits de base bruts ou peu transformés, ce qui freine la création d’emplois durables et de recettes publiques. Pour l’officiel ivoirien, le défi réside dans la capacité collective à financer cette mutation industrielle, de la préparation des projets jusqu’à la constitution de chaînes de valeur régionales.
Les travaux techniques entamés ce lundi préparent le segment ministériel qui débutera le 23 juillet 2026. Durant trois jours, les experts passeront au crible plusieurs thématiques cruciales, notamment le financement de l’IDDA IV et de l’AIDA/PAIDA.
Les experts plancheront également sur la consolidation de la nouvelle architecture financière africaine, la mobilisation des ressources intérieures et la lutte contre les flux financiers illicites, ainsi que la viabilité de la dette et le développement des corridors économiques.
Vassogbo Bamba a insisté sur la nécessité de formuler des propositions « concrètes, hiérarchisées, réalistes et bancables ». Il a rappelé qu’aucun pays ne peut réussir seul, et que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) représente l’opportunité historique idéale pour intégrer les marchés et orienter les capitaux vers la production manufacturière.

Hôte de l’événement, la Côte d’Ivoire fait valoir ses propres réformes structurelles. Locomotive économique représentant près de 40 % du PIB de l’UEMOA avec 32,5 millions d’habitants en 2025, le pays affiche des indicateurs encourageants.
La Côte d’Ivoire a enregistré une croissance économique robuste avec un PIB réel moyen de 6,5 % sur la période 2021-2025 et une projection à 7,2 % pour le Plan national de développement (PND) 2026-2030.
Le pays affiche une dynamique soutenue par la progression de la part du secteur manufacturier de 12,1 % à 13,3 % entre 2021 et 2024 ainsi que par une hausse de la pression fiscale atteignant 14,7 % en 2025 pour optimiser ses ressources internes.
Le nouveau PND 2026-2030 ivoirien, évalué à 114 838,5 milliards de FCFA, table d’ailleurs sur le secteur privé pour financer plus de 70 % de ses ambitions industrielles. Toutefois, des défis persistants comme le financement à long terme et l’accès aux infrastructures industrielles rappellent l’urgence d’une réponse coordonnée à l’échelle du continent.
AP/Sf/APA







