Le ministre ivoirien du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, a présenté ce lundi 22 juin 2026, le Programme national de développement (PND) 2026-2030, aux acteurs du secteur privé, à la Maison de l’entreprise, à Abidjan-Plateau.
Présenté par le ministre ivoirien du Plan et du Développement, le PND 2026-2030 franchit un palier historique en affichant une enveloppe globale d’investissements de 114 838,5 milliards de FCFA, soit près du double du plan précédent (59 000 milliards de FCFA). La clé de voûte de ce financement repose sur le secteur privé.
La part du secteur privé est de 70,2% du montant global, soit 80 614,7 milliards de FCFA, tandis que la part de l’État se situe à 29,8%, soit 34 223,9 milliards de FCFA, a souligné le ministre du Plan et du développement, Souleymane Diarrassouba.
« L’État vous apporte des deals sur la table pour les cinq prochaines années », a lancé Souleymane Diarrassouba face aux chefs d’entreprise. Le gouvernement ivoirien place officiellement le secteur privé au cœur de sa stratégie de développement pour la prochaine demi-décennie.
Face à ce défi, le message de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) est sans équivoque. « Le secteur privé ivoirien est prêt », a réagi Ahmed Cissé, président du Patronat. Il a invité l’ensemble des entrepreneurs et des PME à s’approprier ce plan pour stimuler leur croissance.

Pour transformer ces opportunités en réalités, la CGECI a déjà anticipé la recherche de financements à travers plusieurs partenariats stratégiques auprès d’institutions, dont la Société financière internationale (SFI), où il y a un déploiement en cours d’une deuxième cohorte d’accompagnement.
Une fois les projets définis, il faut rechercher les financements. Il a assuré que le Patronat a conclu des accords avec la Société financière internationale (SFI) qui a d’ailleurs lancé une première cohorte d’accompagnement, qui sera suivie d’une seconde, et ainsi de suite.
« Nous collaborons également avec la Banque africaine de développement (BAD) qui, pour la première fois, mesure l’importance d’accompagner le secteur privé à une échelle bien plus importante que par le passé », a confié Ahmed Cissé, tout en remerciant le président de la BAD pour sa compréhension de ces enjeux.
À l’instar de la BAD, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) s’est engagée dans des discussions avec le Patronat. L’institution souhaite toutefois échanger au préalable avec deux pays, à savoir le Bénin et la Côte d’Ivoire, afin de mieux les guider.
Le président de la CGECI s’est, en outre, félicité des perspectives de collaboration avec les multinationales dont la Côte d’Ivoire est actionnaire, mais qui soutiennent encore trop peu le secteur privé local. « Sur le plan financier, nous prenons un très bon départ », s’est-il réjoui.

Le Patronat prévoit par ailleurs de recevoir individuellement chaque ministre pour analyser en détail les projets de chaque département sectoriel. Le PND 2026-2030 ambitionne de propulser la Côte d’Ivoire au rang des pays à revenus intermédiaires de la tranche supérieure.
Les principaux indicateurs ciblés sont un revenu par habitant porté à 4 500 dollars, une croissance annuelle moyenne de 7,2%, un taux d’endettement en baisse, qui devrait passer de 57% en 2025 à 54,8% en 2030 (sous le seuil de l’UEMOA).
Le PND 2026-2030 prévoit une pression fiscale maîtrisée qui progressera de 15,4% du PIB en 2026 à 18% en 2030 via l’élargissement de l’assiette. Le ministre a annoncé que 10% des marchés pour le PND 2026-2030 seront alloués aux femmes entrepreneures, précisant que « ce sont des réformes qui vont se faire ».
Pour boucler le besoin de financement public (évalué à 37 933,1 milliards de FCFA), l’État compte mobiliser le marché régional, international, ainsi que les partenaires au développement. Ces derniers se réuniront à Abidjan lors du Groupe Consultatif prévu les 8 et 9 juillet 2026.
L’ensemble des projets par secteur est dès à présent disponible sur le site internet du ministère du Plan et du développement.
AP/Sf/APA







