Une enquête d’Afrobarometer révèle que si la majorité des citoyens de Madagascar se disent favorables à la démocratie, beaucoup accepteraient une prise de pouvoir de l’armée en cas d’abus des dirigeants élus.
La majorité des Malgaches se déclarent favorables à la démocratie et opposés au régime militaire, mais accepteraient une intervention de l’armée si les dirigeants élus abusaient de leur pouvoir, révèle une enquête d’Afrobarometer publiée à la fin de l’année 2024.
Selon cette étude, 53 % des citoyens de Madagascar affirment préférer la démocratie à tout autre système politique. Toutefois, 13 % estiment qu’un gouvernement non démocratique peut parfois être préférable, tandis qu’un tiers (33 %) se montrent indifférents au type de régime en place.
Par ailleurs, près des deux tiers (64 %) rejettent le régime militaire comme forme de gouvernement. Mais six Malgaches sur dix (60 %) jugent légitime que les forces armées prennent le contrôle du pouvoir lorsque les dirigeants élus abusent de leur autorité à des fins personnelles, contre 40 % qui s’y opposent fermement.
En cas de prise de pouvoir par l’armée, une pluralité de 45 % des sondés souhaite un retour rapide au régime civil, 35 % privilégient une transition graduelle et 20 % accepteraient que l’armée reste au pouvoir aussi longtemps qu’elle le juge nécessaire.
Cette publication intervient alors que l’armée malgache a annoncé mardi avoir pris le contrôle du gouvernement, le président Andry Rajoelina étant entré dans la clandestinité à la suite de vastes manifestations de jeunes dénonçant les coupures d’eau et d’électricité, le chômage, la corruption et la flambée du coût de la vie.
Les militaires, avec à leur tête le colonel Michael Randrianirina, ont promis la formation d’un gouvernement civil et l’organisation d’élections dans un délai de deux ans.
ARD/Sf/APA






