Une vingtaine d’habitants de Ghannouch, dans le gouvernorat de Gabès, dans le sud-est de la Tunisie, ont été hospitalisés mardi soir après avoir inhalé des gaz provenant du Groupe chimique tunisien. L’incident, sans gravité immédiate, ravive les inquiétudes persistantes sur l’impact environnemental et sanitaire de l’industrie chimique dans la région.
Près de vingt personnes ont été admises aux urgences de l’hôpital local de Ghannouch après avoir présenté des symptômes d’asphyxie. Selon une source médicale citée par la radio Jawhara FM, les patients ont été rapidement pris en charge et leur état ne suscite pas de risque vital.
Cet épisode relance toutefois un débat ancien. Les activités du Groupe chimique tunisien (GCT), installé à Gabès, dans le sud-est tunisien depuis plusieurs décennies, sont régulièrement dénoncées par la société civile et les associations écologistes. Les habitants pointent du doigt les émanations industrielles, accusées d’affecter la santé publique, de fragiliser la biodiversité et de menacer la durabilité de l’écosystème côtier et agricole.
Les incidents liés à la pollution atmosphérique ne sont pas nouveaux dans la région. De nombreux rapports environnementaux et mobilisations citoyennes ont déjà souligné l’urgence d’adopter des solutions durables pour réduire l’impact des rejets chimiques. Mais malgré les engagements affichés par les autorités nationales et locales, les mesures concrètes tardent à se traduire sur le terrain.
L’épisode de ce mardi illustre ainsi une tension persistante entre impératifs industriels et exigences de protection de la santé publique. À Gabès, où la population vit au contact direct de l’activité chimique, la question de la régulation et du contrôle des émissions du GCT reste au cœur des préoccupations, dans un contexte où les habitants réclament depuis longtemps des alternatives plus respectueuses de l’environnement.
MK/ac/APA







