Plusieurs partis tunisiens appellent à rompre avec les manœuvres de diversion et à recentrer le débat national sur la crise économique et l’absence de garanties démocratiques.
L’opposition tunisienne hausse le ton face à la stratégie de communication du président Kaïs Saïed. Dans une série de déclarations rendues publiques ce week-end, plusieurs partis et figures de l’opposition ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « bluff permanent » du pouvoir, accusé de détourner l’attention de l’opinion publique au détriment des urgences économiques et démocratiques du pays.
Dans une note conjointe, des formations comme le Parti des travailleurs, Attayar et le Parti républicain affirment que « le régime s’enlise dans la propagande populiste au lieu d’affronter les vrais problèmes que vit la Tunisie ».
À leurs yeux, le discours officiel, centré sur la souveraineté et la lutte contre la corruption, masque une réalité sociale et économique de plus en plus alarmante : chômage endémique, inflation incontrôlée, négociations opaques avec le FMI, désengagement de l’État dans les services publics.
Les opposants reprochent également au pouvoir une instrumentalisation des institutions pour consolider un système autoritaire, en écartant toute forme de débat pluraliste. Le retour à un régime présidentialiste fort depuis la révision constitutionnelle de 2022 est au cœur des critiques, d’autant plus que les élections législatives anticipées, prévues pour la fin de l’année, ne semblent pas offrir de garanties de transparence ou de compétition équitable.
« Il est temps de sortir du théâtre politique et de mettre la Tunisie au travail », a déclaré une figure de la coalition de l’opposition, qui réclame l’organisation d’un dialogue national élargi sur les réformes économiques, la gouvernance démocratique et la relance du tissu productif.
Sur le plan économique, les partis pointent l’absence de cap clair. Alors que le gouvernement peine à conclure un accord définitif avec le FMI, les indicateurs de croissance restent faibles, les caisses de l’État sous tension, et les investissements publics au ralenti. La population, confrontée à la flambée des prix et à la dégradation des services essentiels, exprime un mécontentement croissant, que les discours présidentiels ne suffisent plus à contenir.
L’opposition appelle donc à mettre un terme aux manœuvres dilatoires et à recentrer les priorités nationales autour d’une réforme démocratique crédible et d’un plan de sauvetage économique fondé sur la transparence, la justice sociale et l’inclusion.
MK/ac/Sf/APA





