En recevant ce mardi Sarra Zaâfrani, présidente de la Caisse des dépôts et consignations, le président tunisien a exprimé son intention de lancer une vaste réforme administrative fondée sur l’efficacité, la transparence et la justice sociale.
Le président tunisien Kais Saïed appelle à rompre avec une culture bureaucratique sclérosée et à repositionner l’État au service des citoyens. Dans un contexte de tensions économiques persistantes et de défiance croissante à l’égard des institutions, le chef de l’État tunisien a choisi de recentrer son discours politique sur la performance des services publics et l’équité administrative. Lors d’une audience tenue lundi 7 juillet au palais de Carthage, en présence de Sarra Zaâfrani, ministre de l’Équipement et présidente de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Kais Saïed a insisté sur la nécessité de « repenser la logique de l’action publique pour garantir l’accès équitable aux services essentiels et restaurer la confiance des Tunisiens dans leurs institutions ».
Le président a fustigé « une administration devenue un but en soi, coupée de la réalité sociale, et prisonnière de routines inefficaces », appelant à un aggiornamento global. Il a notamment évoqué l’urgence de numériser les procédures, de renforcer les capacités locales, et de réorienter les fonds publics vers les territoires marginalisés.
La CDC, institution stratégique de financement du développement territorial, est appelée à jouer un rôle central dans ce chantier. Kais Saïed souhaite que ses fonds soient davantage fléchés vers des projets à fort impact local, notamment dans les domaines de la santé de proximité, de l’aménagement urbain, et des énergies renouvelables. « Il faut investir là où l’État est attendu, pas là où les intérêts privés dictent les priorités », a-t-il déclaré avec fermeté.
Cette sortie présidentielle intervient alors que plusieurs rapports parlementaires, rendus publics récemment, pointent les lenteurs structurelles de l’administration et l’inefficacité des programmes d’investissement public. Les gouvernorats de Kasserine, Tataouine et Jendouba figurent parmi les plus mal lotis en matière d’infrastructures publiques, d’après les données de l’Instance de prospective nationale.
En toile de fond, cette offensive institutionnelle pourrait également s’inscrire dans la préparation des prochaines élections municipales prévues en novembre. En misant sur une réforme visible des services publics, Kais Saïed entend sans doute reconsolider sa base électorale, tout en marginalisant davantage les partis politiques, qu’il continue d’accuser de paralysie et de corruption.
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