Tidjane Thiam a annoncé sa démission de la présidence du PDCI-RDA, dénonçant des attaques judiciaires et politiques visant à l’écarter du débat démocratique, tout en réaffirmant son engagement à mener son parti à la victoire en octobre 2025.
Tidjane Thiam a annoncé sa démission de la présidence du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) dans un message adressé aux militants, dans la nuit du 11 au 12 mai 2025. Cette décision survient après plusieurs mois de tensions politiques et judiciaires, exacerbées par la radiation de l’ex-président du parti de la liste électorale ivoirienne en avril 2025.
Dans un contexte de persécution politique, Thiam a dénoncé ce qu’il qualifie de « harcèlement judiciaire orchestré » contre lui-même et contre son parti, soulignant que ces attaques ont pour objectif de le marginaliser et de l’écarter du débat démocratique. « Depuis mon élection à la présidence du PDCI-RDA, j’ai eu l’honneur de moderniser et redynamiser notre parti, et de susciter un réel engouement parmi nos compatriotes », a-t-il rappelé. Selon lui, le PDCI a connu un véritable renouveau, avec un doublement du nombre d’adhérents en l’espace d’un an, grâce au travail de terrain et à l’écoute des préoccupations des Ivoiriens, notamment le chômage des jeunes et la cherté de la vie.
Cependant, Thiam a fait part de son amertume face aux attaques répétées dont il fait l’objet. « Ces avancées ont déclenché des attaques injustifiées, avec la justice comme principal instrument », a-t-il dénoncé. Il a précisé que l’objectif de ces attaques est de « nous écarter de la vie publique et politique, de nous priver de nos droits fondamentaux de citoyens et de porter atteinte à ma dignité, allant jusqu’à me contester ce qui est le socle de toute existence humaine, ma nationalité ».
L’ex-président du PDCI a également évoqué sa radiation de la liste électorale, un événement qui a marqué un tournant dans son parcours politique. En effet, le Tribunal de première instance d’Abidjan a validé la décision de le rayer des électeurs ivoiriens en raison de la perte de sa nationalité ivoirienne, suite à son acquisition de la nationalité française en 1987, bien qu’il ait renoncé à cette nationalité en mars 2025. « On veut m’écarter du débat démocratique parce que je suis porteur de l’espoir qu’une autre Côte d’Ivoire est possible », a-t-il ajouté.
Thiam a aussi critiqué le refus des autorités ivoiriennes de lui délivrer un certificat de nationalité, bien qu’il ait respecté toutes les démarches légales pour régulariser sa situation. Il a qualifié cette décision de « mépris des textes et traditions de notre pays ».
Plus gravement, Thiam a dénoncé ce qu’il considère comme une tentative de mettre le PDCI-RDA « sous contrôle ». « Il semble qu’il y ait une volonté claire de mettre notre parti sous tutelle, à un moment où l’espérance d’un retour au pouvoir après 25 années d’opposition est partagée par beaucoup d’Ivoiriens », a-t-il affirmé.
Dans sa démission, Thiam a insisté sur le fait que cette décision ne change en rien son engagement à conduire son parti à la victoire lors de l’élection présidentielle d’octobre 2025. « Je m’engage toujours à conduire le PDCI-RDA à la victoire, pour libérer notre pays de la peur et de l’injustice », a-t-il promis, appelant à l’unité des militants et à la persévérance pour faire face à cette épreuve.
Ce retrait à cinq mois des élections présidentielles place le PDCI-RDA dans une situation délicate, alors que l’un des principaux partis d’opposition ivoiriens cherche un nouveau leadership dans une période critique pour l’avenir politique du pays.
AC/Sf/APA







