Le système bancaire burkinabè a poursuivi sa croissance en 2025, mais cette expansion s’est accompagnée d’un net recul de la rentabilité. Le bénéfice net des établissements de crédit a chuté de 16,9%, tandis que les créances en souffrance ont progressé.
Le secteur bancaire burkinabè grossit, mais gagne moins, avec un net recul de la rentabilité. C’est le principal enseignement des données provisoires de la Commission bancaire de l’UMOA, citées par Horonya Finance.
Au 31 décembre 2025, le Burkina Faso comptait 20 établissements de crédit. Il s’agissait de 16 banques et quatre établissements financiers à caractère bancaire.
Le total de leur bilan atteignait 10 251,4 milliards de francs CFA. Il a progressé de 713 milliards, soit 7,5% en un an. Le pays représentait ainsi 12,5% du total bilan des établissements de crédit de l’UMOA. Il occupait la troisième place régionale, derrière la Côte d’Ivoire et le Sénégal.
Le réseau comptait 416 agences, bureaux et points de vente. Il disposait également de 638 guichets automatiques. Le nombre de comptes bancaires atteignait 3,42 millions.
Mais derrière cette croissance, le crédit ralentit. L’encours des crédits est tombé à 4 476,2 milliards de FCFA. Il a reculé de 4%.
Dans le même temps, les crédits en souffrance ont augmenté de 8,5%, à 188,4 milliards de FCFA. Les créances douteuses et litigieuses ont bondi de 16,2%, à 144,9 milliards.
Les dépôts, eux, ont fortement progressé. Les dépôts à vue ont augmenté de 17,7%, à 3 017,3 milliards de FCFA. Les dépôts à terme ont atteint 3 628,7 milliards, en hausse de 3,6%.
La solvabilité du secteur s’est également renforcée. Le ratio moyen est passé de 14,5% à 15,3%, au-dessus de la norme réglementaire de 11,5%.
La liquidité reste toutefois un point de vigilance. Le coefficient de liquidité s’est établi à 79,5%, soit le niveau le plus faible de l’UMOA.
Surtout, la rentabilité s’est dégradée. Les produits bancaires ont augmenté de 10,5%, à 2 401,9 milliards de FCFA. Mais les charges ont progressé davantage, de 13%, à 1 963,3 milliards.
Le produit net bancaire n’a ainsi progressé que de 0,5%, à 438,5 milliards.
Au final, le résultat net s’est établi à 94,4 milliards de FCFA. Il a chuté de 16,9% sur un an.
Selon Horonya Finance, ce contraste entre croissance des actifs et recul des bénéfices constitue l’un des principaux points d’attention pour le secteur bancaire burkinabè.
HO/te/Sf/APA







