Des plaintes internationales visent l’armée soudanaise quant à un recours présumé à des armes chimiques, alors que le pays traverse un conflit meurtrier entre factions militaires.
Des organisations de défense des droits humains ont signalé des victimes civiles et des destructions graves attribuées à un recours présumé à des armes chimiques dans plusieurs régions du Soudan.
La Coalition soudanaise pour les droits (Sudanese Alliance for Rights, SAR) a déposé une plainte auprès de la Cour pénale internationale (CPI) visant quatre hauts responsables de l’armée et de l’autorité de Port-Soudan, dont Abdel Fattah al-Burhan, pour crimes de guerre et violations graves des droits des civils.
La coalition a également saisi la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples et adressé une lettre à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), sollicitant l’ouverture d’une enquête indépendante.
Cette démarche intervient dans un contexte où les États-Unis et d’autres acteurs internationaux ont exprimé, au printemps 2024, de vives inquiétudes face à des allégations crédibles d’usage d’armes chimiques par l’armée soudanaise, renforçant les appels à la responsabilisation des dirigeants.
L’Union africaine (UA) avait suspendu la participation du Soudan depuis octobre 2021, à la suite du coup d’État militaire, conformément à son Acte constitutif. Malgré cette suspension, l’UA poursuit ses efforts de médiation et a réaffirmé en août 2024 que toute réintégration complète du Soudan dépendrait de l’établissement d’un gouvernement civil, alors que persistent des préoccupations majeures concernant la situation humanitaire et les crimes commis dans le pays.
Le conflit actuel au Soudan résulte d’une rivalité entre deux figures militaires majeures : le général Abdel Fattah al-Burhan, commandant en chef des Forces armées soudanaises (FAS), et le général Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti, leader des Forces de soutien rapide (FSR). Anciennement alliés, ils avaient collaboré pour évincer le président Omar el-Béchir en 2019.
Mais des divergences sur la réforme du secteur sécuritaire et le contrôle des forces armées ont fait basculer cette alliance. La tension a dégénéré en avril 2023 en un conflit ouvert, avec des affrontements violents à Khartoum et au Darfour. Cette guerre civile a provoqué plus de 150 000 morts et déplacé près de 13 millions de personnes, exacerbant une crise humanitaire déjà profonde.
AC/Sf/APA







