La région du Kordofan, dans le sud du Soudan, traverse une crise humanitaire sans précédent. En l’espace de trois mois, environ 65 000 civils ont été contraints de fuir leurs foyers en raison d’un environnement de plus en plus dangereux, marqué par des affrontements entre les Forces de soutien rapide (FSR) et l’armée soudanaise.
Les récentes révélations sur la situation au Soudan par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) soulignent l’urgence de la situation et l’ampleur des besoins humanitaires qui se manifestent dans la région du Kordofan déjà vulnérable.
Selon l’OIM, les statistiques révèlent que près de 43 000 personnes ont fui le Kordofan du Nord, tandis que le Kordofan du Sud a vu l’exode de près de 22 000 personnes. En ajoutant 250 déplacés originaires de la région de Geibaish dans le Kordofan occidental, le tableau est alarmant. Ces chiffres préliminaires pourraient néanmoins évoluer, étant donné l’insécurité persistante qui frappe la région. En effet, la région du Kordofan, qui est le théâtre de tensions et de combats incessants, abrite désormais plus d’un million de déplacements internes répartis sur 1 914 sites dans 36 localités.
Les équipes de l’OIM ont enregistré un total de 56 incidents liés au déplacement forcé au cours de cette période, une majorité des éléments pertinents du Kordofan du Sud et du Nord. Parmi ces incidents, 54 étaient directement associés à la violence et à l’insécurité persistante. La montée des violences a débuté en avril 2023
Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) ne cache pas ses inquiétudes par rapport à la situation des civils, soulignant que l’escalade du conflit a des répercussions dramatiques sur les populations, notamment dans les États du Darfour et du Kordofan. Dans le Darfour du Nord, des frappes aériennes, notamment des attaques par drones, ont causé des pertes civiles tragiques, touchant des villages comme Al Zurg et Ghurair, où des familles étaient rassemblées sur un marché ou dans des établissements médicaux. Au même moment, dans le Darfour occidental, un civil a perdu la vie à la suite d’attaques de drones sur la localité de Kulbus. Ces frappes ont provoqué des déplacements massifs et un climat de peur parmi les habitants, avec plus de 600 personnes réunies dans un état de panique.
Dans le Kordofan du Sud, Dilling est devenue une autre zone de désespoir, où les attaques de drones entre le 1er et le 3 janvier ont fait des victimes parmi les civils, exacerbant les souffrances déjà endurées par la population. La ville est désormais considérée comme un endroit où les civils sont pris au piège, avec une situation humanitaire qui devient de plus en plus désastreuse à mesure que l’accès aux biens et services n’est plus garanti.
Face à cette situation tragique, l’OCHA réitère son appel à la protection des civils et à la nécessité d’un accès humanitaire sans pénétrer dans toutes les zones concernées par cette crise. Assurer un accès continu et prévisible est essentiel pour distribuer l’aide humanitaire vitale aux populations touchées et empêcher une aggravation de la situation déjà critique.
DM/ac/Sf/APA







