L’Égypte a condamné mardi la reconnaissance par Israël du « Somaliland », imputant à Tel-Aviv l’entière responsabilité des conséquences de cette décision jugée illégale et déstabilisatrice pour la Corne de l’Afrique.
L’Égypte a vivement condamné la reconnaissance unilatérale par Israël de ce qu’elle qualifie de « Somaliland », estimant qu’il s’agit d’une violation flagrante de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale de la Somalie. La position a été exprimée par le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, lors d’une session virtuelle du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, convoquée à la demande du Caire.
Dans un communiqué publié mardi 6 janvier par le ministère égyptien des Affaires étrangères, Abdelatty a dénoncé une décision « illégale » qui, selon lui, sape les fondements du droit international.
« Cet acte érode les principes de la Charte des Nations Unies ainsi que l’Acte constitutif de l’Union africaine et crée un précédent dangereux menaçant la paix et la sécurité régionales et internationales », a-t-il déclaré devant les membres du Conseil.
Le chef de la diplomatie égyptienne a estimé que, plutôt que de favoriser un consensus sur une question restée sensible depuis plus d’une décennie, cette reconnaissance contribue à instaurer « de nouveaux faits accomplis politiques en dehors de tout cadre légal ». Il a appelé les États africains et la communauté internationale à « rompre le silence » face à des mesures unilatérales qui, selon lui, menacent l’équilibre du continent et attisent les tensions dans la Corne de l’Afrique.
Abdelatty a imputé à Israël l’entière responsabilité des conséquences découlant de cette décision, intervenue alors même que le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, s’est rendu dans le territoire autoproclamé, moins de deux semaines après l’annonce officielle de la reconnaissance. Le ministre égyptien a souligné que cette initiative ne ferait qu’exacerber les conflits et l’insécurité dans une région déjà fragilisée.
Réaffirmant le soutien « plein et intangible » du Caire à l’unité et à la souveraineté de la Somalie, Abdelatty a insisté sur le lien direct entre la stabilité somalienne et la sécurité de la mer Rouge. Il a rappelé l’engagement de l’Égypte au sein de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AUSSOM) et mis en avant les initiatives diplomatiques menées par Le Caire, dont une déclaration transrégionale cosignée par 23 États et deux organisations internationales, condamnant collectivement cette reconnaissance.
Le ministre a enfin averti que toute tentative de lier cette décision à des projets de déplacement forcé du peuple palestinien serait « inadmissible » et contraire au droit international, assurant que l’Égypte continuerait à jouer un rôle moteur en faveur de la paix et de la sécurité régionales, notamment à travers l’initiative StREAM dédiée à la mer Rouge.
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