- Le ministère sénégalais des Finances publie le rapport trimestriel d’exécution budgétaire au 31 décembre 2025, faisant état d’une consolidation des finances publiques portée par la montée en régime des hydrocarbures, induisant une baisse du déficit budgétaire à 6,44% du PIB en 2025.
Le Sénégal a clôturé l’exercice budgétaire 2025 avec un déficit de 1 387,5 milliards de francs CFA, soit 6,44% du produit intérieur brut (PIB), en deçà de la cible annuelle de 7,82% fixée dans la seconde loi de finances rectificative (LFR 2), selon le rapport trimestriel d’exécution du budget (RTEB) publié en avril 2026 par le ministère des Finances et du Budget.
Ce résultat, jugé satisfaisant par les autorités, traduit une mobilisation des recettes globalement au niveau des prévisions, conjuguée à une exécution des dépenses inférieure aux dotations programmées.
Des recettes en hausse de près de 12%
Les recettes du budget général se sont établies à 4 477,1 milliards, représentant 98,8% de l’objectif annuel de 4 531,1 milliards, et en progression de 471,9 milliards par rapport à 2024, soit une hausse de 11,8% en glissement annuel.
Les recettes fiscales, qui constituent l’essentiel de ces ressources, ont atteint 4 087,4 milliards, soit 99,6% de la cible. Leur dynamisme est attribué principalement à la montée en régime des activités pétrolières et gazières, l’impôt sur les sociétés ayant bondi de 10,3% pour s’établir à 463,4 milliards, dépassant l’objectif de 430,4 milliards.
L’impôt sur le revenu des valeurs mobilières et des capitaux mobiliers (IRVM/IRCM) a affiché la performance la plus notable, avec 133,4 milliards recouvrés pour un objectif de 86,7 milliards, soit un taux de réalisation de 153,9%.
Les recettes non fiscales ont également dépassé les prévisions, s’établissant à 287,4 milliards contre un objectif de 258,8 milliards (111,1%), portées par les dividendes et produits financiers (108,9 milliards), les revenus du domaine (73,2 milliards) et les redevances de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (45,6 milliards).
En revanche, les dons extérieurs n’ont été mobilisés qu’à hauteur de 102,3 milliards, soit 60,2% de la cible annuelle de 170 milliards, constituant le principal point de sous-performance de l’exercice.
Des dépenses maîtrisées, l’investissement public en retrait
Les dépenses totales du budget général ont été exécutées à hauteur de 5 864,6 milliards, représentant 93,9% des prévisions de la LFR 2.
Les dépenses ordinaires ont été quasi intégralement consommées, à 4 392,9 milliards (100,6% des prévisions), réparties entre les charges financières de la dette (1 088,1 milliards), la masse salariale (1 454,1 milliards), les acquisitions de biens et services (394,7 milliards) et les transferts courants (1 456,0 milliards).
Les subventions au secteur de l’énergie ont représenté le premier poste de transferts courants avec 412,6 milliards engagés, devant les bourses et allocations universitaires (103,8 milliards) et les dotations aux universités (102,2 milliards).
Les dépenses en capital, en revanche, n’ont été exécutées qu’à 78,4% des prévisions, soit 1 471,8 milliards sur 1 876,3 milliards programmés. Les investissements financés sur ressources extérieures ont particulièrement accusé le coup, avec un taux d’exécution de 72,0%, les prêts projets n’ayant été décaissés qu’à hauteur de 833,3 milliards sur 1 107,6 milliards prévus.
Un contexte macroéconomique favorable
Ces résultats s’inscrivent dans un contexte de croissance soutenue. Le PIB sénégalais a progressé de 6,7% en 2025, contre 6,5% un an auparavant, porté principalement par le démarrage de l’exploitation du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), la production en année pleine sur le champ pétrolier de Sangomar et la mise en service des Ciments de l’Afrique (CIMAF). L’inflation a été contenue à 1,4% en moyenne annuelle.
Sur le front de l’apurement des arriérés, l’État a réglé 474,0 milliards sur une dotation de 500,9 milliards, soit un taux de réalisation de 94,6%. Les paiements ont principalement bénéficié au secteur de l’énergie (145,6 milliards, taux de 99,7%) et au secteur des BTP (82,2 milliards, taux de 78,3%).
Les opérations de trésorerie se sont soldées par un léger excédent de 4,5 milliards, les ressources mobilisées (5 376,3 milliards) couvrant intégralement les charges (5 371,8 milliards).
Le Fonds national de Retraite (FNR) a dégagé un excédent de 38,9 milliards, en amélioration de 3,3 milliards par rapport à 2024, grâce à des recettes de 185,7 milliards face à des dépenses de 146,8 milliards.
Cap sur 5,4% du PIB en 2026
Pour 2026, les autorités visent un déficit de 5,4% du PIB, en ligne avec les critères de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). La stratégie repose sur trois axes : le renforcement de la mobilisation fiscale interne, notamment par l’accélération des mesures du Plan de redressement économique et social (PRES) dont les premières recettes se sont élevées à 4,2 milliards en 2025 ; la poursuite de la rationalisation des dépenses de fonctionnement ; et l’amélioration du taux d’exécution des investissements publics financés sur ressources extérieures.
AC/Sf/APA







