La Commission nationale des droits de l’Homme du Sénégal (CNDH) a exprimé sa vive inquiétude face à la multiplication des menaces de mort, des injures publiques, des propos diffamatoires et des discours de haine diffusés sur les réseaux sociaux, appelant à la responsabilité collective et à l’application rigoureuse de la loi.
Dans un communiqué rendu public dimanche, le CNDH déplore que certaines plateformes numériques, notamment à travers les directs en ligne, soient devenues des canaux de propagation de la violence verbale, susceptible de déboucher sur des actes de violence physique, voire mortels.
La CNDH rappelle que l’espace numérique, au même titre que l’espace public physique, est encadré par le droit. Si la liberté d’expression demeure un pilier fondamental de la démocratie, elle ne saurait, selon l’institution, servir de justification à la menace, à l’intimidation, à la calomnie ou à l’incitation à la violence et à la mise en danger de la vie d’autrui.
L’organe national des droits humains souligne que les menaces de mort, qu’elles soient proférées en ligne ou hors ligne, constituent des infractions graves portant atteinte au droit à la vie, à la sécurité et à la dignité humaine. De tels agissements contribuent à instaurer un climat de peur, de tension sociale et de défiance, en contradiction avec les valeurs républicaines et les engagements internationaux du Sénégal.
Face à cette situation, la CNDH condamne avec la plus grande fermeté toute forme de discours de haine, de harcèlement, d’incitation à la violence ou de menaces, quels qu’en soient les auteurs ou les cibles.
Elle appelle les citoyens, les influenceurs, les animateurs de contenus en direct et l’ensemble des utilisateurs des réseaux sociaux à faire preuve de responsabilité, de retenue et de respect des droits d’autrui.
La Commission invite également les plateformes numériques, notamment TikTok, Facebook et YouTube, à renforcer leurs mécanismes de modération, de signalement et de coopération avec les autorités compétentes, conformément aux standards internationaux en matière de droits humains.
Par ailleurs, la CNDH encourage les victimes de menaces, d’injures ou de diffamation à saisir les autorités judiciaires compétentes et à conserver les preuves nécessaires, tout en rappelant aux pouvoirs publics l’importance d’une application rigoureuse de la loi pour prévenir l’impunité et assurer la protection des personnes.
Enfin, l’institution réaffirme que le numérique doit demeurer un espace de débat, de créativité et de participation citoyenne, et non un terrain de règlement de comptes ou de violence. Elle réitère son engagement à promouvoir un usage responsable des réseaux sociaux et à œuvrer pour la préservation de la cohésion sociale au Sénégal.
RNK/ac/Sf/APA







