Un guide pratique est publié par le Sénégal visant à intégrer l’éducation alimentaire dans les programmes des écoles élémentaires sénégalaises.
En collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Dakar a validé ce lundi 21 juillet 2025 un guide pratique et des supports didactiques sur la sécurité sanitaire des aliments (SSA) pour l’Élémentaire.
Le constat est que chaque année, plus de 91 millions de personnes tombent malades et 137 000 en meurent à cause d’aliments contaminés en Afrique, selon les chiffres de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Face à cette hécatombe silencieuse, le Sénégal a choisi de miser sur l’éducation.
« L’école est le lieu privilégié pour semer les graines d’une culture de prévention. En formant nos enfants aux bons réflexes dès le plus jeune âge, nous bâtissons des citoyens conscients et des ambassadeurs de la santé dans leurs communautés », a déclaré l’Inspecteur Amadou Adama Ndiaye, responsable pédagogique de la Division du contrôle médical scolaire (DCMS) du Ministère de l’Éducation nationale.
Cette stratégie s’appuie sur une réalité incontournable. « Les enfants, au-delà des savoirs qu’ils acquièrent, sont des véhicules de bonnes pratiques auprès de leurs parents, de leurs voisins et de leur entourage », souligne le professeur Amadou Diop, président du Comité National du Codex.
Pour lui, « en intégrant des modules sur la sécurité sanitaire des aliments dans les curricula, nous posons les jalons d’une société plus consciente, mieux protégée et plus résiliente face aux risques alimentaires. »
Poursuivant, il a fait remarquer qu’« en investissant dans l’éducation dès le plus jeune âge, nous semons les graines d’une culture de la prévention, d’une hygiène alimentaire rigoureuse et de comportements responsables au sein des familles et des communautés. »
Le guide, fruit d’un travail collectif remarquable des membres de l’équipe de rédaction composée de responsables d’institutions scolaires, de formateurs d’enseignants, d’inspecteurs de l’éducation et d’enseignants, ambitionne de devenir « un outil et un bréviaire qui accompagnera tous les enseignants dans leur objectif de contribuer à alléger le fardeau des maladies d’origine alimentaire », a indiqué le professeur Diop.
Cette initiative dépasse largement les frontières sénégalaises. Soutenue par la FAO, le Grand-Duché de Luxembourg et le gouvernement du Sénégal dans le cadre du projet GCP/SFW/517/LUX, elle s’étend au Burkina Faso et au Mali.
Elle s’inscrit également dans les grands référentiels nationaux et internationaux, contribuant directement aux Objectifs de développement durable (ODD), notamment les ODD 2 (Faim Zéro), 3 (Bonne santé), 4 (Éducation de qualité), 6 (Eau propre) et 12 (Consommation responsable).
Mieux encore, elle est alignée sur la ‘Vision +Sénégal 2050‘, qui place la souveraineté alimentaire et le bien-être au cœur de nos ambitions nationales, et s’intègre pleinement dans le Programme d’amélioration de la qualité, de l’équité et de la transparence de l’éducation et de la formation (PAQUET-EF 2018-2030), enrichissant nos curricula de compétences vitales, a relevé l’inspecteur.
« Le PAQUET-EF, feuille de route de notre système éducatif, vise à garantir une éducation de qualité pour tous. En y intégrant la SSA, nous enrichissons le contenu pédagogique et préparons nos jeunes générations à devenir des acteurs éclairés de leur propre santé et de celle de leur communauté, contribuant ainsi au capital humain robuste et résilient nécessaire à la souveraineté du Sénégal, tel qu’envisagé par la Vision », s’est réjoui Dr Adjaratou Diakhou Ndiaye, Secrétaire permanent du Haut Conseil national de sécurité sanitaire One Health (SPHCNSS OH).
De son côté, le Dr Mamadou Ndiaye, expert en sécurité sanitaire des aliments, s’exprimant au nom de Mme Bintia Stephen-Tchicaya, Coordonnatrice sous-régionale par intérim de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest, a rendu un vibrant hommage au corps enseignant.
« Vous pouvez changer un pays, un continent, le monde. Car tout développement s’appuie essentiellement sur des femmes et des hommes qui sont allés à la bonne école », a-t-il affirmé.
Revenant sur les enjeux de la SSA, Dr Ndiaye a indiqué que « garantir une alimentation saine et sûre pour toutes et tous ne doit pas être perçu comme un luxe, mais comme un droit fondamental. »
Une philosophie qui résonne d’autant plus fort que « l’augmentation de la consommation d’aliments issus de la restauration de rue et des marchés informels accentue les risques, surtout si les normes d’hygiène et de sécurité ne sont pas respectées », dit-il.
Suite à cette étape de validation, le ministère de l’Éducation nationale va élaborer une feuille de route pour la mise en œuvre effective du projet. Elle prévoit dans un premier temps la formation des enseignants sur l’utilisation du guide, avant de procéder à son intégration définitive dans les curricula de formation des écoles élémentaires.
Le guide validé devrait ainsi accompagner les enseignants dans leur mission éducative, transformant progressivement l’école en un espace de sensibilisation aux bonnes pratiques alimentaires.
L’objectif principal est de permettre aux enseignants de « contribuer à alléger le fardeau des maladies d’origine alimentaire », a conclu Dr Ndiaye.
ARD/ac/Sf/APA






