Le programme FEMME-AFFAIRE a présenté jeudi à Dakar les résultats de son étude Baseline, destinée à mieux cerner les contraintes, les besoins et les opportunités des femmes entrepreneures dans plusieurs territoires du Sénégal, afin de transformer ces enseignements en actions concrètes en faveur de leur autonomisation économique.
Le programme FEMME-AFFAIRE a présenté jeudi à Dakar les résultats de son étude Baseline, un diagnostic destiné à mieux cerner les réalités économiques des femmes et des filles entrepreneures dans les territoires d’intervention et à orienter les prochaines actions en faveur de leur autonomisation économique.
La restitution s’est tenue à l’hôtel Téranga By Fleurs de Lys, au Point E, en présence de représentants de l’État du Sénégal, de l’Union européenne, du consortium porteur du programme, des institutions partenaires, de femmes entrepreneures et d’autres parties prenantes.
Porté par le consortium composé d’ENDA Tiers Monde, de Nature Communautés Développement (NCD) et du Danish Refugee Council (DRC), FEMME-AFFAIRE entend renforcer les capacités économiques des femmes et des filles, notamment à travers un meilleur accès aux ressources, au financement, aux marchés et aux réseaux.
L’étude Baseline constitue, selon les organisateurs, un outil de référence pour la mise en œuvre des prochaines étapes du programme. Elle permet notamment d’identifier les besoins, les contraintes, les niveaux de structuration des activités économiques féminines ainsi que les opportunités disponibles dans les territoires ciblés.
Pour le Secrétaire exécutif d’ENDA Tiers Monde, Sécou Sarr, l’objectif est désormais de passer « d’une phase de connaissance et de diagnostic à une phase de priorisation, de décision et d’action ».
« La Baseline n’est pas une fin en soi », a-t-il souligné, estimant que ses enseignements doivent servir à mieux répondre aux contraintes auxquelles sont confrontées les femmes et les filles dans les zones d’intervention.
Le programme prévoit ainsi de renforcer l’accompagnement et les capacités des entrepreneures, de faciliter leur accès au financement, de développer leur mise en réseau et d’élargir leurs débouchés, avec l’objectif de consolider les activités existantes, de créer davantage de valeur et de favoriser la génération d’emplois.
Des réalités territoriales différenciées
FEMME-AFFAIRE intervient notamment dans les régions de Sédhiou, Tambacounda et Kédougou, ainsi que dans l’agglomération dakaroise, particulièrement à Pikine-Guédiawaye.
Cette approche territoriale vise à prendre en compte les spécificités économiques et sociales des territoires du Sud et du Sud-Est du Sénégal, tout en valorisant leurs potentialités économiques.
Les données présentées lors de l’atelier montrent l’importance déjà prise par les femmes dans plusieurs secteurs d’activité, notamment la production, la transformation, le commerce, l’artisanat, l’agriculture et les services.
L’enjeu, selon les promoteurs du programme, consiste désormais à permettre à ces entrepreneures de franchir de nouveaux paliers de développement, en consolidant leurs entreprises, en accédant à de nouveaux marchés et en mobilisant davantage de ressources financières et techniques.
Une initiative alignée sur les priorités nationales
La restitution de l’étude intervient dans un contexte où le Sénégal met en avant de nouvelles orientations en matière de transformation économique et sociale.
Les représentants du ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités ont relevé la cohérence du programme FEMME-AFFAIRE avec les orientations de l’Agenda Sénégal 2050, particulièrement sur les questions d’autonomisation économique des femmes, de développement territorial, d’emploi et d’inclusion.
La Directrice de l’Autonomisation économique de la Femme a, pour sa part, réaffirmé la disponibilité de son département à contribuer au processus de concertation et au suivi stratégique du programme, notamment au sein du Comité d’orientation stratégique (COS).
Le ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire a également mis en avant le rôle de l’économie sociale et solidaire comme levier d’autonomisation économique des femmes.
Il a insisté sur la nécessité de renforcer l’articulation entre les initiatives entrepreneuriales, les politiques publiques et les dynamiques économiques locales afin de maximiser leur impact.
Une démarche fondée sur la concertation
FEMME-AFFAIRE repose sur une approche impliquant plusieurs catégories d’acteurs, parmi lesquels les pouvoirs publics, les collectivités territoriales, les partenaires techniques et financiers, les organisations de développement, les acteurs économiques et les organisations de femmes.
Le consortium ENDA Tiers Monde-NCD-DRC assure la mise en œuvre du programme avec l’appui de ses partenaires. L’Union européenne contribue à son financement dans le cadre du programme Joog Jeef.
Le financement du programme associe également le Gouvernement de la Catalogne, selon les informations communiquées par les organisateurs.
Cette démarche vise à mettre en cohérence les politiques publiques, les ressources disponibles, les compétences et les réalités propres aux territoires afin de transformer les résultats du diagnostic en mesures concrètes.
Des recommandations à la matrice d’actions
Au-delà de la présentation des résultats de la Baseline, l’atelier de Dakar doit déboucher sur une priorisation concertée des recommandations.
Des travaux de groupe sont consacrés à l’examen des principales conclusions de l’étude et à l’identification des actions prioritaires. Ces travaux doivent être suivis d’une restitution et d’une validation collective.
La gouvernance du programme, le suivi-évaluation et la communication figurent également parmi les questions examinées au cours de la rencontre.
L’ensemble du processus doit aboutir à l’élaboration d’une matrice d’actions précisant les responsabilités, les échéances et les modalités de suivi.
Pour les organisateurs, l’objectif est de faire de l’étude Baseline une véritable « boussole pour l’action », en transformant les enseignements du diagnostic en priorités partagées, en responsabilités clairement définies et en résultats mesurables au bénéfice des femmes et des territoires.
Un programme dédié à l’autonomisation économique
FEMME-AFFAIRE est consacré à l’autonomisation économique des femmes et des filles au Sénégal. Il vise notamment à renforcer leurs capacités et à améliorer leur accès aux ressources, au financement, aux marchés et aux réseaux.
Le programme est porté par ENDA Tiers Monde en collaboration avec Nature Communautés Développement et le Danish Refugee Council, avec l’implication des institutions publiques et de plusieurs partenaires institutionnels.
Il bénéficie notamment du financement de l’Union européenne et du Gouvernement de la Catalogne.
AC/Sf/APA







