Le Sénégal affiche une croissance de 6,7% en 2025, portée par les hydrocarbures et une gestion budgétaire plus rigoureuse.
Le ministère sénégalais de l’Économie, du Plan et de la Coopération publie son rapport sur les développements économiques récents et perspectives, indiquant une croissance de 6,7% en 2025, tirée principalement par la production d’hydrocarbures, contre 6,5% en 2024.
Cette performance repose sur le secteur secondaire, en particulier les activités extractives, et sur une reprise modérée de l’agriculture, tandis que le tertiaire et les taxes nettes sur les produits connaissent une décélération. L’activité économique hors hydrocarbures et agriculture reste faible, avec une croissance de 1,6%, confirmant des fragilités structurelles persistantes.
La demande est soutenue par les exportations d’hydrocarbures, alors que l’investissement public reste limité par la consolidation budgétaire, impactant également la consommation privée. L’inflation a été contenue à 1,4% en 2025, dans la fourchette cible de la BCEAO, portée par la détente des prix internationaux de l’énergie et des produits alimentaires, malgré certaines pressions sur les produits locaux. L’appréciation de 0,9% du FCFA sur le taux de change effectif réel traduit une légère érosion de la compétitivité-prix de l’économie.
Sur le plan extérieur, le Sénégal a enregistré une amélioration de sa balance commerciale, avec des exportations de biens en hausse de 52,7% grâce aux hydrocarbures, et des importations limitées à 1,6%. Le déficit commercial a été réduit de 8,5 points de PIB, à -3,7%, et le déficit du compte courant devrait s’établir à 4,1% du PIB.
Les finances publiques ont connu une amélioration notable, le solde budgétaire passant de 13,7% à 6,2% du PIB, grâce à une progression des recettes fiscales et une compression des dépenses, malgré la pression des charges d’intérêts et des subventions. La masse monétaire a progressé de 13,3%, portée par l’augmentation des avoirs extérieurs nets, et les crédits à l’économie ont augmenté de 8,4%, sans effet d’éviction notable sur le financement privé.
Le recours du Sénégal au marché régional des titres publics a fortement augmenté, avec 2 225 milliards de FCFA levés, soit +122,8% par rapport à 2024, et une participation notable d’investisseurs non-résidents, notamment ivoiriens. Sur les marchés financiers internationaux, les conditions d’accès se sont améliorées au second semestre, ouvrant une fenêtre pour un retour graduel sur le marché international, malgré des rendements élevés sur certains eurobonds liés à l’incertitude budgétaire et à l’absence de programme avec le FMI.
Au total, le rapport souligne une conjoncture favorable portée par le secteur extractif, une consolidation budgétaire progressive et un renforcement des équilibres extérieurs, tout en appelant à poursuivre les réformes structurelles, élargir la base des investisseurs et consolider les finances publiques pour soutenir une croissance plus inclusive et diversifiée à l’horizon 2027.
AC/Sf/APA





