En République centrafricaine, environ 2,2 millions de personnes sont touchées par une insécurité alimentaire aiguë, selon les dernières données des agences humanitaires des Nations Unies, qui pointent du doigt les effets conjugués des conflits, des chocs économiques et de la faible production agricole.
Près d’un tiers de la population centrafricaine, soit environ 2,2 millions de personnes, est actuellement confrontée à des « niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë », ont alerté mercredi des agences humanitaires des Nations Unies, sur la base de la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC).
Parmi ces personnes, 1,7 million (soit 27% de la population) sont en situation de crise (phase 3 de l’IPC), tandis que plus de 480 000 (7%) se trouvent en situation d’urgence (phase 4 de l’IPC), selon l’analyse portant sur la période d’avril à août 2025.
Si une légère amélioration est observée avec une réduction d’environ 76 000 personnes dans la phase 3 par rapport à la même période en 2024, la phase 4, elle, connaît une dégradation. En effet, le nombre de personnes en situation d’urgence est passé de 430 000 à 480 000.
Malgré cette évolution contrastée, 80 des 85 zones analysées restent classées en phase 3, soulignant une situation toujours préoccupante. L’insécurité persistante, les irrégularités pluviométriques, l’infestation des cultures, l’accès limité aux semences et la flambée des prix des denrées de base sont identifiés comme les principaux facteurs de cette crise.
Les effets des conflits au Soudan et au Soudan du Sud aggravent la situation, avec plus de 440 000 personnes déplacées sur le territoire centrafricain, vivant dans des conditions précaires et sans accès suffisant aux moyens de subsistance.
La campagne agro-pastorale 2024 n’a pas échappé aux difficultés. Les rendements sont en baisse en raison de l’insécurité, de l’accès limité aux intrants et de la cherté du carburant, dont le prix est actuellement le plus élevé de la région. Le pouvoir d’achat des ménages, déjà fragile, continue d’être érodé par la hausse des prix.
Toutefois, une amélioration est attendue entre septembre 2025 et mars 2026. Les projections tablent sur environ 1,83 million de personnes – soit 28 % de la population analysée – en phase 3 ou plus, contre 34 % actuellement. Cela inclut 1,54 million de personnes en crise (phase 3) et 287 000 en urgence (phase 4). Cette tendance positive repose notamment sur les précipitations jugées « adéquates », qui devraient favoriser les cultures vivrières et la production animale.
ODL/ac/Sf/APA







