En République centrafricaine, donner la vie demeure un parcours à haut risque, avec l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde.
Pour faire face à une mortalité maternelle inquiétante, la République centrafricaine (RCA) mise sur la Couverture sanitaire universelle et sur les matrones communautaires, devenues essentielles pour accompagner les femmes enceintes et rapprocher les soins des familles.
La RCA continue de lutter contre la mortalité maternelle extrêmement élevée : 829 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2023, loin du seuil de 70 recommandé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Moins de la moitié des femmes enceintes effectuent les quatre consultations prénatales qui est d’ailleurs obligatoires, et près d’un tiers accouchent encore à domicile pour cause du manque d’argent, exposant mères et nouveau-nés à des risques parfois mortels.
Pour réduire ces inégalités, le gouvernement centrafricain a fait de la Couverture sanitaire universelle (CSU) une priorité, avec le soutien de l’OMS et d’un bailleur majeur. Cette stratégie vise à garantir l’accès aux soins essentiels consultations prénatales, accouchements assistés, prise en charge des complications sans barrière financière.
Un axe central de cette politique repose sur la formation et le déploiement de plus de 1 200 matrones communautaires, désormais actives dans 32 des 35 districts sanitaires du pays. Choisies par leurs communautés, ces femmes jouent un rôle crucial : elles sensibilisent, accompagnent et orientent les femmes enceintes vers les structures de santé, tout en assurant un suivi postnatal. Là où elles interviennent, les autorités constatent une baisse d’environ 30 % des accouchements à domicile et une hausse des consultations prénatales.
L’OMS a renforcé cette dynamique en équipant, en 2024, une trentaine de maternités en matériel médical, mobilier et médicaments essentiels. L’Organisation a également formé 300 matrones et 64 prestataires de soins aux bonnes pratiques pour détecter et gérer les risques obstétricaux.
« Chaque maternité équipée, chaque matrone formée, c’est une vie qui peut être sauvée », affirme la Dre Caroline Clarinval, Représentante de l’OMS en RCA.
« J’avais failli perdre la vie lors d’un accouchement à domicile », témoigne Albertine Shoura, mère de trois enfants, ajoutant que « grâce à l’accompagnement d’une matrone, j’ai pu accoucher en sécurité à l’hôpital. »
Les autorités sanitaires appellent à maintenir l’élan : poursuivre la formation, renforcer les équipements et étendre les services pour faire reculer durablement la mortalité maternelle et permettre à chaque femme d’accoucher en sécurité.
La RCA reste l’un des pays les plus touchés par la mortalité maternelle dans le monde, un fléau accentué par l’éloignement des structures de santé, le manque de moyens et des pratiques à risque. Le développement de la CSU, soutenu par l’OMS et les matrones communautaires, constitue aujourd’hui l’une des réponses les plus cruciales pour sauver des vies.
DM/ac/Sf/APA







