À Dakar, une jeune entrepreneuse a fait de sa foi le moteur d’une aventure commerciale. Depuis sa boutique en ligne, Aïssatou Seck propose des produits islamiques pensés pour la vie quotidienne. À l’approche du Ramadan, sa marque Rafahna, quatre ans d’existence, une croissance constante, vit ses semaines les plus intenses.
C’est chez elle, aux Almadies, un quartier résidentiel dakarois, au Sénégal, qu’Aïssatou Seck a installé son bureau. Un cadre soigné, presque épuré. Sur la table trônent un ordinateur et téléphone portables, quelques objets bien rangés. À quelques mètres, des exemplaires du Coran alignés côtoient des paniers déjà emballés, prêts à être livrés. Le décor suffit à comprendre : ici, on travaille sérieusement, et on le fait avec conviction.

Voilée, vêtue d’une chemise blanc et bordeaux et d’une jupe longue, Aïssatou accueille avec le sourire d’une hôtesse et la posture d’une cheffe d’entreprise. C’est depuis cet espace à la fois intime et professionnel qu’elle pilote Rafahna, sa marque islamique fondée il y a quatre ans, et qui ne cesse de grandir.
L’idée est venue d’une absence. En parcourant sa communauté Instagram, elle remarque un vide : des produits islamiques recherchés, mais introuvables au Sénégal. « Il y avait un certain besoin qui n’était pas couvert », dit-elle simplement. Alors elle décide de le combler, à sa façon.
Le nom qu’elle choisit pour sa marque dit tout de son ambition. Rafahna, tiré de la sourate Alam Nashrah, signifie « nous t’avons élevé », parole divine adressée au Prophète Muhammad. « Je voulais que notre communauté s’inscrive dans cette idéologie, qu’on ait un statut digne, qu’on soit fiers de notre identité musulmane », confie-t-elle, le regard posé, la voix tranquille.
Pour composer sa gamme, Aïssatou ne consulte pas de cabinet d’études. Elle observe sa propre vie, écoute ses proches, ses abonnés, ceux qui lui écrivent pour dire ce qui leur manque. Puis elle part à la recherche, au Sénégal et au-delà, pour ramener ce qui n’existe pas encore ici.

Le résultat se voit autour d’elle. À l’approche du Ramadan, la saison la plus intense pour Rafahna, trois produits concentrent toute l’attention. Le planeur Ramadan d’abord, son tout premier article, conçu de ses mains, se vend par centaines chaque année. « Alhamdoulilah (Dieu merci) », glisse-t-elle avec une fierté douce. Viennent ensuite les paniers Ramadan, ces coffrets pensés pour offrir, qui trouvent leur public dans l’élan naturel de générosité du mois sacré. Et puis les Corans, ces exemplaires que l’on voit disposés là, à portée de main, qui se vendent toute l’année, mais décollent vraiment quand arrive le Ramadan.
Dans ce bureau aux Almadies, entre un écran allumé et des paniers noués avec soin, Aïssatou Seck a trouvé sa voie : faire du commerce un prolongement de la foi.
AC/Sf/APA







