La condamnation d’Habib Ellouze à 13 ans d’emprisonnement a été rendue par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du tribunal de première instance de Tunis. Outre Habib Ellouze, ancien député et figure historique du mouvement, la justice tunisienne a également condamné l’ancien procureur de la République près le tribunal de première instance de Tunis, Béchir Akremi, à vingt-trois ans de prison. L’affaire remonte au 2 mars 2023, lorsque Habib Ellouze avait été placé en détention pour des soupçons d’intervention auprès de la justice afin d’obtenir la libération d’une personne poursuivie dans une affaire judiciaire.
Dans un communiqué publié à la suite du verdict, Ennahdha conteste fermement les accusations retenues par la justice. Le parti affirme qu’aucune preuve n’aurait établi l’existence d’une intervention de Habib Ellouze auprès d’une instance judiciaire. Il soutient également que Béchir Akremi n’était pas le magistrat en charge du dossier concerné, mettant en doute la cohérence des poursuites engagées dans cette affaire.
Le mouvement islamiste dénonce surtout ce qu’il qualifie de « procès dépourvu d’indépendance ». Selon Ennahdha, la procédure aurait été entachée de plusieurs irrégularités, notamment après que le juge d’instruction initialement chargé du dossier s’est dessaisi de l’affaire. Le parti critique également le mandat de dépôt délivré contre Habib Ellouze et son maintien en détention depuis mars 2023, estimant que les garanties d’un procès équitable n’auraient pas été respectées.
Plus grave encore selon le mouvement, la condamnation aurait été prononcée sans que la défense puisse présenter pleinement ses plaidoiries, ce qui, aux yeux d’Ennahdha, remettrait en cause la validité même du jugement. Dans son communiqué, le parti évoque des « jugements injustes » et estime que le système judiciaire serait utilisé pour « régler des comptes avec des opposants politiques ».
La controverse s’est également étendue au traitement médiatique de l’affaire. Alors que certaines sources judiciaires ont suggéré que ces condamnations seraient liées au dossier de l’assassinat de l’opposant Chokri Belaïd en 2013, Ennahdha rejette catégoriquement cette interprétation. Le mouvement accuse plusieurs médias d’avoir diffusé des informations erronées en établissant un lien entre ce verdict et l’affaire Belaïd.
Le parti affirme se réserver le droit d’engager des poursuites contre les médias ayant relayé ces informations sans rectification. Dans son communiqué, Ennahdha rappelle par ailleurs que les décisions judiciaires rendues dans le dossier de l’assassinat de Chokri Belaïd auraient, selon lui, blanchi le mouvement et ses dirigeants.
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