Les acteurs publics et privés s’accordent sur la nécessité d’un cadre éthique et souverain pour moderniser l’écosystème publicitaire marocain.
Casablanca a accueilli mercredi la première Conférence nationale sur la publicité, un événement inédit réunissant responsables gouvernementaux, régulateurs, professionnels des médias et dirigeants d’agences autour d’un même objectif : structurer durablement le secteur publicitaire marocain. Organisée sous l’égide du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, la rencontre marque un tournant dans la réflexion nationale sur la gouvernance, la transparence et la compétitivité du marché publicitaire.
Ouvrant les travaux, Mohamed Mehdi Bensaid, ministre marocain de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, a rappelé que « la publicité n’est pas seulement un levier économique : elle incarne aussi la souveraineté culturelle et numérique du Maroc ». Dans un contexte mondial dominé par les grandes plateformes étrangères, le ministre a insisté sur la nécessité d’un modèle local valorisant la créativité nationale et soutenant les médias marocains.
Latifa Akharbach, présidente de la Haute Autorité de la Communication audiovisuelle (HACA), a pour sa part souligné l’importance d’une régulation forte. « La publicité est un discours qui façonne les désirs et les normes sociales ; elle ne peut échapper aux exigences éthiques », a-t-elle affirmé, appelant à combattre les contenus trompeurs ou discriminatoires et à renforcer la responsabilité des annonceurs.
Représentant le ministère de l’Économie et des Finances, Aziz Khayati, directeur adjoint du Budget, a évoqué le rôle stratégique de la publicité dans la transition numérique et la croissance des industries créatives. Selon lui, le développement du secteur nécessite une gouvernance renouvelée, « capable de fédérer les acteurs autour de la transparence, de l’équité et de la création de valeur ». Il a plaidé pour la mise en place d’outils de mesures locaux, de plateformes nationales performantes et d’une intégration accrue des PME, des jeunes talents et des femmes dans la chaîne de valeur.
Les discussions ont porté sur la nécessité d’un cadre juridique et fiscal modernisé, d’une gouvernance éthique et de la transformation numérique du marché publicitaire. Les participants ont notamment alerté sur la concentration des revenus publicitaires en ligne entre les mains des géants du web, au détriment des médias nationaux. Plusieurs intervenants ont proposé la création de mécanismes fiscaux et de plateformes locales capables de capter une part équitable de la valeur créée.
L’événement, prévu sur deux jours, se poursuit avec des panels consacrés au défi numérique et à la compétitivité du marché. Une synthèse des recommandations sera adoptée à l’issue des travaux, en vue d’élaborer une feuille de route nationale pour un écosystème publicitaire transparent, inclusif et aligné sur les valeurs culturelles du Maroc.
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