Des dynamiques distinctes traversent la région nord-africaine ce mercredi 6 août : alors que les États-Unis envisagent le Maroc comme nouveau pôle militaire continental, l’Algérie modernise son université à coups d’intelligence artificielle, la Libye veut relocaliser son industrie pétrolière, la Tunisie frappe les réseaux de commerce illégal, et l’Égypte défend la neutralité du canal de Suez face aux pressions américaines.
Les États-Unis regardent vers le Maroc comme nouveau pivot stratégique militaire en Afrique, selon Hespress. Le Sénat américain a entériné la séparation structurelle entre AFRICOM et le Commandement des forces américaines en Europe, ouvrant la voie à une autonomie renforcée des opérations sur le continent africain. Dans cette réorganisation, le Royaume figure parmi les options envisagées pour accueillir le nouveau quartier général d’AFRICOM.
Si ce transfert vers Rabat ne fait pas encore consensus au sein du Pentagone, le général Michael Langley a tout de même salué le Maroc comme un « partenaire exemplaire », notamment en matière de formation militaire, de participation aux opérations de maintien de la paix et de logistique régionale. Un centre d’excellence pour les opérations de paix, cofinancé par Washington, ouvrira ses portes à Rabat dès septembre.
À Alger, l’accent est mis sur l’orientation universitaire, avec des chiffres record dévoilés par le ministre de l’Enseignement supérieur, Kamel Baddari, rapporte El Watan. Sur les 340 901 nouveaux bacheliers, plus de 97 % ont obtenu une affectation dès la première phase. Le ministre a vanté une orientation « raisonnée » grâce à l’intelligence artificielle, notant que 70 % des élèves ont accédé à l’un de leurs trois premiers choix. Près de 40 000 d’entre eux bénéficieront d’un recrutement direct dans l’éducation et la santé après leur cursus. Les filières scientifiques et technologiques séduisent 65 % des étudiants, tandis que de nouvelles spécialités émergent, allant des drones à l’informatique quantique, dans une stratégie globale de modernisation du système universitaire.
En Libye, la National Oil Corporation (NOC) tente d’attirer les investissements industriels de grande envergure. Selon Libya Observer, son président Masoud Suleiman a appelé le groupe Schlumberger à installer des filiales de production sur le sol libyen, lors d’une réunion à Londres avec les dirigeants régionaux du géant pétrolier. L’objectif affiché : créer de l’emploi local, développer une main-d’œuvre hautement qualifiée et favoriser la transformation du gaz brûlé sur site en énergie productive. Cette stratégie s’inscrit dans la volonté de la NOC de maximiser les retombées économiques locales et d’atteindre l’objectif « zéro torchage » d’ici à la fin 2025.
En Tunisie, les autorités intensifient la lutte contre les pratiques commerciales illicites. Tunisienumerique signale que les unités de la police municipale ont mené 54 opérations de saisie et démantelé 179 points de vente anarchiques. Au total, 16 procès-verbaux judiciaires et plus de 220 contraventions économiques et sanitaires ont été dressés. Le ministère de l’Intérieur promet la poursuite de ces campagnes dans les prochains jours, dans le cadre de la sécurisation de l’espace public et de la protection des consommateurs.
Enfin, l’Égypte rappelle la neutralité de la gestion du canal de Suez, comme l’indique Egypt Independent. En réponse à une demande du président américain Donald Trump pour garantir un passage gratuit aux navires américains, le président de l’Autorité du canal, Osama Rabie, a réaffirmé le respect du traité de Constantinople de 1888. Il a assuré que tous les navires, quelle que soit leur origine, bénéficient des mêmes conditions de service. Toutefois, la récente réduction temporaire des frais de transit pour les grands porte-conteneurs s’inscrit, selon lui, dans une logique de sécurité, et non de commerce, et pourrait être prolongée si la situation l’exige.
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