Entre nominations stratégiques, consolidation institutionnelle, diplomatie économique, campagnes sanitaires et tensions politiques, l’actualité ouest-africaine de ce vendredi 24 avril 2026 illustre une région en pleine recomposition, où sécurité, gouvernance et stabilité demeurent les priorités des États.
Au Sénégal, l’actualité est marquée par la nomination de la commissaire Mame Farma Ndiaye à la tête de la Division des investigations criminelles (DIC), une première historique pour cette unité d’élite de la police créée il y a cinquante ans. Selon Seneweb, relayant L’Observateur, elle succède à Mamadou Ndiaye Fall, initialement dans le cadre d’un intérim qui s’est finalement transformé en confirmation officielle. Ancienne responsable de la Brigade économique et financière et passée par la Direction de la police de l’air et des frontières, elle s’est forgé une réputation de rigueur et de discrétion. Sa représentation du Sénégal au sein du Réseau africain des agents de première ligne de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) renforce également son profil, à l’heure où la DIC gère plusieurs dossiers financiers sensibles.
Au Mali, la Confédération des États du Sahel (AES) poursuit sa structuration institutionnelle. Maliweb rapporte que le Conseil national de Transition (CNT) a adopté à l’unanimité les projets de loi portant ratification des protocoles additionnels de l’AES. Ces textes concernent notamment la coordination diplomatique, la défense et la sécurité, les actions de développement, ainsi que les sessions confédérales des parlements. Pour le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, cette ratification constitue une étape majeure vers la concrétisation des ambitions confédérales et l’ancrage d’une coopération plus intégrée entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
Justement au Burkina Faso, la diplomatie économique prend de l’ampleur. Sidwaya souligne la rencontre entre le ministre des Affaires étrangères Karamoko Jean Marie Traoré et une délégation d’investisseurs italiens et haïtiens venus prospecter des opportunités dans les secteurs de l’énergie solaire, de l’agriculture, des mines, de l’aéronautique, de la robotique et de l’intelligence artificielle. Le chef de la diplomatie burkinabè a insisté sur la nécessité de déconstruire l’image sécuritaire négative véhiculée à l’étranger, affirmant que le Burkina Faso demeure une terre d’opportunités malgré le contexte sécuritaire.
Au Niger, la santé publique mobilise fortement les autorités. L’ANP annonce le lancement d’une vaste campagne de vaccination contre la poliomyélite dans la région de Zinder, ciblant tous les enfants de 0 à 59 mois. Le gouverneur, le colonel Massalatchi Mahaman Sani, a insisté sur l’importance de la stratégie porte-à-porte pour atteindre chaque enfant et maintenir une couverture vaccinale supérieure à 95 %. Les autorités veulent éviter toute résurgence de cette maladie invalidante grâce à une mobilisation communautaire et au soutien des partenaires techniques et financiers.
En Guinée, la Cour suprême a rendu son verdict sur plusieurs contentieux électoraux liés aux législatives prévues le 31 mai prochain. Selon Africaguinee, plusieurs recours ont été rejetés pour forclusion ou irrecevabilité, fermant ainsi la voie aux dernières contestations judiciaires sur la composition des listes électorales. Cette décision ouvre désormais la voie à l’affichage définitif des candidatures et au lancement effectif de la campagne électorale dans un climat politique déjà tendu.
En Côte d’Ivoire, le RHDP est monté au créneau pour répondre aux rumeurs sur l’état de santé du président Alassane Ouattara. D’après Abidjan.net, le secrétaire exécutif du parti présidentiel, Cissé Ibrahima Bacongo, a dénoncé des spéculations infondées relayées sur les réseaux sociaux. Il rassure que le chef de l’État, âgé de 84 ans, « se porte très bien » et continue de présider régulièrement les grandes instances de décision. Pour lui, ces rumeurs relèvent davantage d’une stratégie politique de l’opposition que d’une réalité institutionnelle.
Au Ghana, les autorités affichent leur fermeté face aux attaques xénophobes signalées contre des ressortissants ghanéens en Afrique du Sud. Pulse Ghana indique que le ministre des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa a convoqué le haut-commissaire sud-africain par intérim pour exiger des garanties de sécurité. Accra considère ces actes comme contraires aux principes de solidarité africaine et rappelle son engagement historique dans la lutte anti-apartheid, tout en demandant des mesures urgentes pour éviter toute escalade.
Enfin, au Bénin, une nouvelle phase politique s’ouvre avec l’entrée en vigueur de la « trêve politique » prévue par la révision constitutionnelle de 2025. Selon Banouto, la proclamation définitive de la victoire de Romuald Wadagni à la présidentielle du 12 avril déclenche cette période durant laquelle l’animation politique à finalité électorale est suspendue jusqu’à douze mois avant la prochaine année électorale. L’objectif affiché est de limiter les campagnes permanentes et de favoriser une opposition davantage orientée vers des propositions alternatives et constructives.
Sf/APA







