Des enquêtes financières sensibles au Sénégal aux tensions diplomatiques entre Bamako et Riyad, en passant par les réformes sociales au Burkina Faso, les initiatives sécuritaires de l’AES et les dynamiques d’intégration continentale, la presse ouest-africaine du mercredi 20 mai met en lumière une région traversée par des enjeux de gouvernance, de souveraineté et de mobilité africaine.
Au Sénégal, Seneweb relaie un extrait du rapport 2025 de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) évoquant des flux financiers jugés atypiques sur les comptes d’un haut responsable administratif classé « Personne politiquement exposée ». L’institution signale des virements totalisant 321 millions FCFA provenant d’administrations publiques et parapubliques, ainsi que des remises de chèques, dépôts d’espèces et retraits importants sans justificatifs probants. La CENTIF souligne également des liens financiers entre le compte personnel du responsable et celui d’une société détenue majoritairement par son épouse. Le dossier, portant sur des soupçons de blanchiment de capitaux, détournement de deniers publics et enrichissement illicite, a été transmis au Procureur du Pool judiciaire financier.
Dans un registre diplomatique et sécuritaire, Maliweb rapporte une vive protestation des autorités maliennes contre l’Arabie Saoudite après l’entrée illégale présumée au Mali d’un journaliste d’Al Arabiya et d’Al Hadath. Bamako accuse le correspondant Ibrahim Moustapha d’avoir pénétré le territoire national avec la complicité de groupes terroristes et d’avoir diffusé des informations jugées mensongères contre les Forces armées maliennes. Le gouvernement malien évoque une atteinte à la souveraineté nationale et prévient que ce type d’agissements pourrait affecter les relations bilatérales entre les deux pays.
Au Burkina Faso, Sidwaya met l’accent sur le bilan de la phase pilote du Régime d’assurance maladie universelle (RAMU), lancé en février 2026. Après trois mois d’expérimentation dans les régions du Kadiogo et du Guiriko, les autorités assurent que près d’un millier d’assurés ont déjà bénéficié de prestations médicales. Le gouvernement burkinabè entend désormais corriger les insuffisances relevées et étendre progressivement la couverture sanitaire à l’ensemble des assurés immatriculés, dans le cadre d’une réforme plus large de la protection sociale.
La coopération sécuritaire sahélienne occupe également une place importante dans la presse régionale. L’ANP annonce l’ouverture à Niamey d’un forum régional de l’Alliance des États du Sahel (AES) consacré à la reddition et à la réintégration des ex-associés des groupes armés. Les autorités nigériennes, soutenues par des partenaires internationaux comme le PNUD, défendent une approche combinant sécurité, réconciliation et réinsertion socio-économique. Les participants venus du Niger, du Mali, du Burkina Faso ainsi que d’États partenaires doivent harmoniser leurs stratégies de désarmement et de réintégration face à une menace sécuritaire qualifiée de transnationale.
En Guinée, Africaguinee évoque un nouveau rebondissement dans le dossier Badra Aliou Cheickna Koné devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). La chambre spéciale de contrôle de l’instruction a ordonné sa libération sous caution de deux milliards de francs guinéens et son placement sous contrôle judiciaire. L’homme politique et plusieurs coaccusés sont poursuivis pour des faits présumés de corruption, détournement de deniers publics, enrichissement illicite et faux en écriture dans une affaire portant sur près de 240 milliards de francs guinéens.
Le sport n’est pas absent de cette revue de presse. Abidjan.net revient sur le tirage au sort des éliminatoires de la CAN PAMOJA 2027, qui place la Côte d’Ivoire dans un groupe C particulièrement attendu avec le Ghana, la Gambie et la Somalie. Les médias ivoiriens soulignent déjà le caractère explosif des futures confrontations entre les Éléphants et les Black Stars, dans une compétition qui marquera le retour de la CAN en Afrique de l’Est, entre le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie.
Enfin, Pulse Ghana met en avant la progression de la libre circulation sur le continent africain après la décision du Togo de supprimer les visas pour tous les détenteurs de passeports africains. Lomé rejoint ainsi le Rwanda, le Ghana, le Bénin, la Gambie et les Seychelles parmi les rares pays africains offrant un accès sans visa aux ressortissants du continent. Cette dynamique est présentée comme un levier stratégique pour accélérer l’intégration africaine et soutenir les ambitions de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), même si la presse rappelle que seuls six des tous les États membres l’ont concédé.
Sf/APA







