La Première ministre ougandaise, Robinah Nabbanja, a exhorté les acteurs du secteur foncier à mettre en œuvre de manière effective les politiques existantes, en particulier la Politique nationale foncière de 2013, afin de promouvoir une gestion équitable et inclusive de la propriété foncière.
Selon la cheffe du gouvernement ougandais, des investissements ont été réalisés dans les systèmes d’enregistrement foncier et les programmes de sensibilisation communautaire, mais des lacunes subsistent en matière d’application des textes et de transformation culturelle.
« Nous constatons encore des pratiques coutumières qui prévalent sur les lois statutaires et qui discriminent les femmes. Nous devons nous interroger, en tant que responsables politiques, institutions et citoyens, sur ce que nous faisons pour lever les obstacles invisibles qui privent les femmes de leurs droits sur les terres qu’elles cultivent », a déclaré Mme Nabbanja.
Ces propos ont été lus en son nom par la ministre des Terres, de l’Habitat et du Développement urbain, Judith Nabakooba, à l’occasion du deuxième Symposium national sur la gouvernance foncière, tenu au Parlement le vendredi 27 juin 2025, sous le thème : « Sécuriser la propriété foncière agricole des femmes : un impératif politique et de développement ».
Mme Nabbanja a réaffirmé l’engagement du gouvernement à réduire les inégalités à travers le renforcement des institutions de sécurisation foncière, la promotion d’un enregistrement foncier sensible au genre, ainsi que la vulgarisation des réformes juridiques visant à faciliter l’accès des femmes à la propriété foncière, en particulier dans les zones rurales.
« Nos politiques, nos budgets et nos lois doivent refléter les besoins des petites agricultrices. Ce processus exige plus que des engagements politiques : il nécessite des systèmes transparents, responsables et inclusifs », a-t-elle insisté.
Elle a également lancé un appel aux institutions culturelles afin qu’elles harmonisent les traditions avec les valeurs constitutionnelles, en vue de favoriser l’accès des femmes à la propriété foncière coutumière.
« Les Objectifs de développement durable (ODD) 5 sur l’égalité des genres et ODD 2 sur l’élimination de la faim ne pourront être atteints tant que les femmes n’auront pas la maîtrise des ressources productives, notamment la terre », a-t-elle ajouté.
La présidente du Forum parlementaire sur la gestion foncière, Christine Kaaya, a appelé les acteurs du secteur à résorber les retards accumulés en matière de défense des droits fonciers et à intensifier les débats sur la gouvernance foncière, la résolution des litiges et l’adoption d’instruments législatifs adaptés.
De son côté, le directeur national d’Oxfam en Ouganda, Francis Odokorach, a souligné que 70 % de la main-d’œuvre agricole est féminine, mais que très peu de femmes possèdent effectivement la terre, une inégalité qui limite la productivité et freine le développement.
« Ce n’est pas seulement une question de développement, c’est un enjeu politique majeur, enraciné dans l’équité et les valeurs constitutionnelles », a-t-il ajouté.
Il a enfin appelé les autorités à intégrer la dimension genre dans les politiques foncières, à suivre les budgets alloués aux programmes de certification foncière et à renforcer les systèmes d’information foncière.
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