Malgré une augmentation notable des importations totales de capitaux au premier trimestre 2025, le Nigéria enregistre une baisse marquée des investissements directs étrangers (IDE) dans son secteur manufacturier, freinés par des contraintes structurelles persistantes.
Les IDE manufacturiers ont reculé au Nigéria de 32,3% pour s’établir à 129,92 millions de dollars au T1 2025, contre 191,92 millions de dollars un an plus tôt (T1 2024), selon les données publiées par le Bureau national des statistiques (NBS) et rapportées par le quotidien Vanguard. Ce montant ne représente que 2,3% des importations totales de capitaux, évaluées à 5,64 milliards de dollars, soit une hausse de 67,12% par rapport aux 3,38 milliards de dollars du T1 2024.
En glissement annuel, la tendance baissière des IDE manufacturiers se confirme : le secteur avait attiré 256,12 millions de dollars au T1 2023. En comparaison trimestrielle, le recul est encore plus marqué, le T4 2024 affichant 421,04 millions de dollars, soit une baisse de près de 69%.
Selon les analystes, cette contre-performance du secteur réel s’explique par des défis structurels tels que l’insuffisance énergétique, la flambée des coûts de l’énergie, les pénuries de devises et l’incertitude politique. Parallèlement, les investisseurs étrangers privilégient de plus en plus les placements financiers à rendement rapide, au détriment d’engagements industriels à long terme, accentuant le décalage avec les ambitions d’industrialisation du pays.
Le rapport du NBS souligne que les investissements de portefeuille dominent, atteignant 5,20 milliards de dollars (92,25%), suivis par les autres investissements à 311,17 millions de dollars (5,52%). Les IDE, en revanche, sont les moins importants avec seulement 126,29 millions de dollars (2,24%).
Réagissant à cette évolution, le Dr Muda Yusuf, directeur général du Centre pour la promotion de l’entreprise privée (CPPE), a estimé que le secteur manufacturier a été « l’un des plus durement touchés par les réformes économiques », citant la volatilité du marché des changes et la hausse des prix de l’énergie comme principaux chocs pour les entreprises, notamment les multinationales.
GIK/fss/ac/Sf/APA







