Quelque 26 000 personnes déplacées à Baidoa, dans le sud-ouest de la Somalie, pourraient basculer dans la famine entre octobre et décembre 2026, en raison des risques d’inondations liés au phénomène El Niño et du manque de financements humanitaires, ont alerté vendredi plusieurs agences des Nations Unies.
Selon la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), environ 5 % des personnes déplacées vivant à Baidoa, dans la région de Bay, pourraient connaître des niveaux de faim correspondant à la famine, avec un effondrement de leurs moyens de subsistance.
La situation pourrait être aggravée par de fortes pluies liées au phénomène El Niño. Les inondations attendues pourraient détruire les cultures et le bétail et provoquer de nouveaux déplacements de populations.
D’après l’Agence somalienne de gestion des catastrophes, entre 2,5 et 3,5 millions de personnes pourraient être exposées aux inondations, dont près d’un million risqueraient d’être déplacées.
À l’échelle nationale, plus de 5,4 millions de Somaliens, soit 26 % de la population analysée, sont déjà confrontés à une insécurité alimentaire de niveau « crise » ou pire. La situation nutritionnelle demeure également préoccupante : près de 1,92 million d’enfants de moins de cinq ans pourraient avoir besoin d’un traitement contre la malnutrition aiguë entre juillet 2026 et juin 2027.
Face à cette situation, les Nations Unies et le gouvernement somalien appellent à une mobilisation urgente des financements afin de maintenir les services essentiels et d’apporter une assistance aux populations les plus vulnérables.
La Somalie reste confrontée depuis plusieurs années à une crise humanitaire alimentée notamment par les conflits, les sécheresses successives, l’insécurité alimentaire et les déplacements de populations. Les agences humanitaires soulignent que les conditions climatiques et le déficit de financement pourraient encore aggraver la situation dans les prochains mois.
DM/ac/APA





