Le général Ibrahim Babangida prend le pouvoir au Nigéria le 27 août 1985 à la suite d’un coup d’État militaire qui renverse le chef de l’État, le général Muhammadu Buhari, ouvrant une nouvelle phase de la longue période de domination militaire du pays.
Le coup d’État met fin aux vingt mois de pouvoir du général Buhari, arrivé lui-même à la tête du Nigéria après le renversement du président civil Shehu Shagari, le 31 décembre 1983.
Le 27 août 1985, des officiers militaires écartent Buhari du pouvoir et installent à sa place le chef d’état-major de l’armée, Ibrahim Babangida.
Les archives officielles nigérianes situent précisément le début de son administration militaire à cette date, tandis que les sources contemporaines décrivent un changement de régime intervenu sans affrontements majeurs.
Dans son premier discours, le nouveau dirigeant critique la politique de son prédécesseur et justifie le renversement par la nécessité de faire face aux difficultés économiques et politiques auxquelles le pays est confronté.
Babangida met en place une nouvelle structure de gouvernement, le Conseil de gouvernement des forces armées, et dirige ensuite le Nigeria jusqu’en août 1993.
Son régime sera marqué notamment par d’importantes réformes économiques et par un processus de transition politique qui ne débouchera pas immédiatement sur un retour durable au pouvoir civil.
Trois décennies plus tard, Muhammadu Buhari effectue un retour remarqué au sommet de l’État nigérian. Après plusieurs candidatures infructueuses à l’élection présidentielle, il remporte le scrutin de 2015 face au président sortant Goodluck Jonathan et prête serment le 29 mai 2015. Il devient ainsi, après avoir été renversé par un coup d’État en 1985, le président démocratiquement élu du Nigeria, fonction qu’il exerce jusqu’au 29 mai 2023. Il est alors remplacé par Bola Ahmed Tinubu, investi le même jour comme président du Nigéria.
Le 27 août 1985 constitue ainsi une date majeure de l’histoire politique nigériane : le renversement de Muhammadu Buhari porte Ibrahim Babangida au pouvoir et prolonge la période de gouvernance militaire qui marque alors le pays.
Sf/APA







