Le Maroc vient d’effectuer sa première opération d’exportation de cannabis médical, vers l’Australie, marquant son entrée officielle sur le marché international de ce secteur en pleine expansion.
Un lot de 50 kilogrammes de la variété locale de cannabis Baldiya a été expédié cette semaine vers l’Australie, après l’envoi, en juin, d’un échantillon destiné à un contrôle de qualité.
Le business du cannabis licite marocain, dominé par plus de 27 000 hectares étaient encore dédiés au cannabis illicite en 2023 (contre 130 000 ha en 2003). Une chute accélérée par la grâce royale de 2024, qui a permis à 4 831 fermiers d’être graciés et encouragés vers la formalisation.
C’est un nouvel âge d’or pour le cannabis, les plantations licites continuent leur croissance soutenue et atteignent un rendement de 20 quintaux par hectare pour un chiffre d’affaires moyen autour de 120 000 DH par ha, soit plus de 12 000 euros.
Cette avancée s’inscrit dans le cadre de la loi adoptée en 2022, qui a légalisé la production et l’exportation de cannabis à des fins médicales, cosmétiques et industrielles. Le dispositif réglementaire encadrant cette filière vise à diversifier l’économie agricole, notamment dans les régions historiquement productrices du nord du pays, tout en assurant un suivi strict des normes sanitaires et de traçabilité.
L’opération confirme la volonté des autorités marocaines de positionner le Royaume comme un acteur compétitif sur un marché mondial évalué à plusieurs milliards d’euros, dominé par quelques producteurs en Amérique du Nord et en Europe. Les exportations vers des marchés réglementés comme l’Australie pourraient ouvrir la voie à d’autres débouchés, notamment en Europe, où la demande en cannabis médical ne cesse de croître.
Selon les opérateurs du secteur, l’enjeu réside désormais dans la capacité à développer des infrastructures de transformation et de certification adaptées aux standards internationaux, afin de capter une part significative de cette nouvelle manne économique.
MK/Sf/ac/APA







