Le Mali a réceptionné 66,6 millions de litres d’hydrocarbures entre le 3 et le 16 août 2026, acheminés par 1 430 camions-citernes. Ces arrivages traduisent une relative régularité des flux, tandis qu’une rupture de gasoil persiste à Bandiagara et que les cours mondiaux du pétrole repartent à la hausse.
Entre le 3 et le 9 août, 37 opérateurs ont acheminé 710 citernes représentant 33,749 millions de litres, selon les données présentées jeudi par le ministère malien de l’Industrie et du Commerce. La semaine suivante, 34 opérateurs ont réceptionné 720 citernes pour un volume de 32,817 millions de litres.
Au total, les deux périodes représentent exactement 1 430 citernes et 66 millions 566 308 litres, soit une moyenne de 4,75 millions de litres par jour. Chaque camion transportait environ 46 550 litres.
Derrière cette apparente stabilité, les deux semaines présentent une évolution contrastée. Le nombre de citernes a progressé de 1,4 %, tandis que le volume acheminé a reculé de 2,8 %, soit 931 692 litres de moins. La charge moyenne est ainsi passée de 47 534 à 45 580 litres par citerne, en baisse d’un peu plus de 4 %.
Cette variation peut provenir de la capacité des véhicules, de chargements partiels ou de la composition des produits transportés. Le ministère n’a publié aucune ventilation entre essence, gasoil, fuel, Jet A1 et gaz butane pour les deux périodes, ce qui limite l’interprétation des écarts.
À titre de comparaison, 698 citernes transportant 32,501 millions de litres avaient été enregistrées du 27 juillet au 2 août. Les trois relevés disponibles situent donc les arrivages hebdomadaires dans une fourchette comprise entre 32,5 et 33,7 millions de litres. Les précédentes données concernaient toutefois principalement Bamako, alors que le dernier bilan est présenté à l’échelle nationale.
Distribution
À Bandiagara, dans le centre du pays, une rupture de gasoil demeure signalée malgré les volumes réceptionnés. Le ministère affirme que les autres régions de l’intérieur restent globalement approvisionnées, sans préciser la durée de cette rupture, le nombre de stations concernées ou les quantités nécessaires à son règlement.
Cette situation montre que les volumes entrant dans le pays ne renseignent qu’en partie sur la disponibilité effective du carburant. L’acheminement vers les régions, la rotation des camions, les capacités de stockage et la distribution aux stations déterminent également l’état du marché.
Les autorités attribuent l’amélioration des flux à la sécurisation des axes routiers et citent particulièrement le corridor Bamako-Dakar. Le Génie militaire participe aux opérations d’amélioration et de sécurisation de cette voie, utilisée pour le transport de marchandises depuis le Sénégal. Le ministère a aussi évoqué une baisse de la fraude sur les produits pétroliers, sans communiquer de données comparatives.
La réunion du 20 août intervient dans un contexte de remontée des cours mondiaux. Le Brent a clôturé jeudi à 93,78 dollars le baril, en hausse de 2,4 %, atteignant son niveau le plus élevé depuis le 24 juillet. Dans ses projections publiées le 11 août, l’Agence américaine d’information sur l’énergie estime que son prix moyen pourrait atteindre environ 85 dollars au troisième trimestre 2026, en raison notamment des perturbations affectant les approvisionnements au Moyen-Orient.
Au Mali, les derniers prix plafonds annoncés par l’Office malien des produits pétroliers sont entrés en vigueur le 28 mars. Le litre de supercarburant avait été porté de 775 à 875 francs CFA, soit une hausse de près de 13 %, tandis que celui du gasoil était passé de 725 à 940 francs CFA, en progression d’environ 30 %.
Réserves
Pays enclavé et dépourvu de production pétrolière, le Mali dépend des importations pour les transports, la production d’électricité, les mines, les télécommunications et une partie de l’activité industrielle. En 2024, ses importations de produits pétroliers ont atteint 2,665 millions de mètres cubes, l’équivalent de 2,67 milliards de litres, contre 2,622 millions de mètres cubes en 2023. La hausse s’est établie à 1,66 %.
Les importations de gaz butane sont parallèlement passées de 13 847 à 15 838 tonnes, soit une progression de 14,38 % en un an.
En avril 2026, le gouvernement a institué un stock national de sécurité destiné à couvrir 45 jours de consommation de supercarburant, de gasoil, de Jet A1 et de butane. Le dispositif doit protéger l’économie contre les perturbations logistiques et les variations brutales des cours internationaux.
Le bilan présenté jeudi ne précise toutefois ni le volume déjà constitué dans cette réserve ni le nombre de jours de consommation actuellement disponible. Les 66,6 millions de litres réceptionnés attestent donc de la continuité récente des arrivages, tandis que l’opérationnalisation du stock stratégique et la desserte régulière des régions restent les principaux indicateurs à suivre.
MD/Sf/APA







