Le Mali lance la numérisation de services publics clés, avec des premiers résultats positifs dans les transports, la santé et l’administration.
Le gouvernement malien a présenté, mardi 16 septembre 2025 à Bamako, un ensemble de solutions destinées à numériser des services clés de l’État dans les transports, la santé et l’administration territoriale. Des médias locaux et des canaux institutionnels ont relayé l’annonce et détaillé des premiers résultats chiffrés, notamment dans la gestion des péages routiers et des titres de transport.
Dans le secteur des transports, la Direction générale des Transports a mis en avant une plateforme de sécurisation et de traçabilité des titres, tandis que le Fonds d’entretien routier a confirmé la digitalisation en cours des postes de péage, dix sites sur trente-trois étant déjà équipés. À Massala, les recettes signalées sont passées de 30 à 65 millions de francs CFA après l’installation du dispositif. Des données publiées au printemps 2025 sur d’autres postes, notamment Kati, évoquent des progressions similaires, de 29 à 73 millions de francs CFA par mois après bascule vers un système numérique.
En santé, les autorités ont retenu le système hospitalier OpenClinic comme socle de gestion du dossier patient et des fonctions clinique, pharmacie, laboratoire, finances et statistiques. Des travaux académiques documentent un déploiement au Mali depuis 2013, incluant des centres universitaires et de référence à Bamako. Des communications plus récentes indiquent des extensions dans des centres de santé et l’usage dans des hôpitaux comme Gabriel-Touré. Parallèlement, la Banque mondiale a approuvé en juin 2024 un financement de 100 millions de dollars pour améliorer l’accès aux services essentiels et la préparation aux urgences sanitaires, et décrit en juillet 2024 des gains de disponibilité de médicaments essentiels et de satisfaction des usagers dans les zones appuyées.
Le ministère de l’Administration territoriale a présenté un système intégré de gestion de l’information préfectorale, avec base nationale des associations, suivi du personnel de l’État, messageries et accès à la cartographie des circonscriptions, dans une logique d’intégrité, de disponibilité et de confidentialité des données. Les autorités et la presse locale soulignent que les solutions sont développées au Mali.
Le contexte d’adoption est marqué par un taux d’usage d’Internet encore limité. En janvier 2025, le Mali comptait environ 8,72 millions d’internautes sur une population estimée à 24,8 millions, soit une pénétration proche de 35 %. Ces niveaux pèsent sur la vitesse d’appropriation des services dématérialisés et sur la nécessité d’assurer des guichets physiques et mobiles complémentaires.
Des comparaisons régionales offrent des repères. Au Kenya, la plateforme eCitizen a été généralisée à des milliers de services et a collecté environ 100,8 milliards de shillings kényans sur l’exercice 2023/2024, selon des déclarations officielles et des rapports médiatiques, avec des débats publics sur la gouvernance des flux et l’audit des comptes. Des estimations publiques font état de plus de treize millions d’utilisateurs fin 2024 et d’une collecte quotidienne approchant un milliard de shillings.
Au Ghana, le portail Ghana.gov sert de guichet unique pour des paiements et procédures administratives, avec entre 1 500 et 2 000 services actuellement accessibles et un projet d’extension à 16 000 services dans le cadre d’un programme soutenu par la Banque mondiale. Le gouvernement indique travailler à une refonte et à l’intégration renforcée avec la carte nationale d’identité. Des documents de la Banque mondiale et du ministère ghanéen des Communications situent ces évolutions dans la continuité du programme e-Transform et des investissements d’interconnexion d’administrations.
Ces éléments situent l’annonce malienne dans une dynamique régionale de numérisation des services publics, avec des gains mesurables en recettes et en efficacité lorsqu’un déploiement atteint l’échelle et s’accompagne de connectivité, de contrôle des flux financiers et d’un cadre de protection des données.
MD/ac/Sf/APA





