Après plusieurs jours de combats autour d’Anéfis, dans la région de Kidal, le Front de libération de l’Azawad (FLA) reconnaît ne pas avoir atteint son objectif de prise de la localité. L’armée malienne affirme, de son côté, avoir maintenu le contrôle de cette position stratégique et poursuivi ses opérations contre les groupes armés.
Le Front de libération de l’Azawad (FLA) n’est pas parvenu à prendre le contrôle d’Anéfis, un point stratégique situé sur l’axe Gao-Kidal, après une semaine d’affrontements avec les Forces armées maliennes (FAMa) appuyées par leur partenaire d’Africa Corps.
Dans une déclaration diffusée vendredi matin, le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, a reconnu que l’objectif militaire de son mouvement était de s’emparer d’Anéfis, mais que cette opération n’avait pas abouti durant cette phase des combats.
« Notre objectif militaire était de contrôler Anéfis, et cet objectif n’a pas été atteint au cours de cette étape des opérations », a-t-il déclaré, tout en affirmant que ses combattants avaient infligé des pertes aux forces maliennes et à leurs alliés.
Cette reconnaissance intervient alors que l’armée malienne affirme avoir repris l’initiative autour de la localité après les attaques coordonnées du 4 juillet visant plusieurs positions militaires à Anéfis, Aguelhoc, Gao, Sévaré et Kéniéroba.
Dans un communiqué publié le 7 juillet, l’état-major général des armées indiquait que les opérations aéroterrestres coordonnées des FAMa et de leurs partenaires se poursuivaient dans la zone d’Anéfis. Il faisait état de 35 frappes aériennes et de plus de 200 combattants neutralisés, ainsi que de la destruction de plusieurs véhicules blindés, pick-up et motos.
Selon l’armée, les opérations menées le 6 juillet avaient permis de détruire cinq véhicules blindés, une vingtaine de pick-up et une centaine de motos appartenant aux groupes armés engagés dans les combats.
Dans son dernier communiqué, l’état-major affirme également qu’un important convoi logistique en provenance de Gao est arrivé à Anéfis dans la nuit du 9 juillet après des actions aéroterrestres destinées à sécuriser l’itinéraire et l’accès à la localité.
Les forces maliennes indiquent avoir fait face à plusieurs embuscades et attaques, attribuées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), au FLA et à leurs affiliés, qui auraient notamment utilisé des drones kamikazes.
Le bilan provisoire communiqué par l’armée fait état de 15 frappes aériennes dans les secteurs d’Anéfis, Tabrichat (Gao) et Koulébala (Sévaré), de 12 véhicules de combat détruits et de près d’une centaine de combattants neutralisés au cours des dernières 24 heures.
Depuis les attaques du 4 juillet, Anéfis concentre l’essentiel de la pression militaire dans le nord du Mali. La localité représente un enjeu stratégique majeur en raison de sa position sur l’axe reliant Gao à Kidal et de son importance dans le dispositif sécuritaire de Bamako dans cette région.
Alors que l’armée malienne affirme maintenir la pression sur les groupes armés et consolider ses positions, le FLA cherche à présenter les affrontements comme une démonstration de sa capacité offensive. Les deux camps livrent ainsi des versions opposées de l’évolution de la situation sur le terrain.
La bataille d’Anéfis illustre une nouvelle fois l’importance de cette zone dans la confrontation pour le contrôle du nord du Mali, où les opérations militaires s’accompagnent d’une intense bataille de communication entre les forces en présence.
MD/ac/Sf/APA







