Toujours détenue malgré une santé en déclin, l’ex-ministre malienne Bouaré Fily Sissoko s’est vu refuser une nouvelle demande de liberté provisoire pour raisons médicales.
L’ancienne ministre malienne de l’Économie et des Finances, Bouaré Fily Sissoko, reste en détention malgré la dégradation de son état de santé. Le 4 avril 2025, sa demande de mise en liberté provisoire pour raisons médicales a une nouvelle fois été rejetée par la justice malienne. Cette décision suscite des préoccupations, dans un contexte marqué par le décès, en mars 2022, de l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga alors qu’il était incarcéré.
Mme Sissoko est poursuivie dans le cadre du dossier relatif à l’achat de l’avion présidentiel et à des contrats d’équipements militaires. En 2014, alors qu’elle était membre du gouvernement, l’État malien avait acquis un avion pour un montant d’environ 18,5 milliards de FCFA et signé des marchés militaires de plus de 69 milliards de FCFA. Ces opérations avaient fait l’objet de critiques de la Cour des comptes et du Bureau du Vérificateur général, notamment en raison de soupçons de surfacturation et d’irrégularités dans la passation des marchés.
Incarcérée depuis août 2021, Mme Sissoko a été jugée à partir de septembre 2024 par une cour d’assises spéciale. Celle-ci a toutefois jugé le dossier incomplet et renvoyé l’affaire à l’instruction afin d’entendre plusieurs personnalités, dont les anciens Premiers ministres Moussa Mara et Oumar Tatam Ly, ainsi que l’ancien ministre délégué au Budget, Madani Touré. À ce jour, les résultats de ces auditions n’ont pas été rendus publics.
La santé de Mme Sissoko se serait détériorée depuis son incarcération à la prison pour femmes de Bollé. D’après ses avocats et des sources relayées par la presse nationale, elle souffrirait de plusieurs pathologies nécessitant une prise en charge médicale spécialisée. Plusieurs demandes de mise en liberté provisoire, appuyées par des certificats médicaux, ont été déposées par sa défense, sans succès. La dernière, formulée en mars 2025, a été rejetée sans justification rendue publique.
Le traitement de ce dossier continue de susciter des réactions, notamment parmi les organisations de défense des droits humains et certaines composantes de la société civile. Celles-ci rappellent le principe du respect des droits fondamentaux des détenus, y compris le droit à la santé. De leur côté, les avocats de Mme Sissoko assurent qu’elle reste disponible pour répondre à toute convocation judiciaire, tout en appelant à ce que sa situation médicale soit prise en compte.
MD/ac/Sf/APA






