La région de Kayes vit depuis le 1er juillet 2025 sous couvre-feu nocturne. Cette mesure, annoncée par le gouverneur, intervient dans un contexte sécuritaire dégradé après une série d’attaques armées simultanées ayant visé plusieurs localités du pays. D’autres régions comme Dioïla, Ségou ou Tombouctou ont également instauré des dispositifs similaires.
C’est à 21 heures précises, mardi 1er juillet, que le couvre-feu est entré en vigueur sur l’ensemble de la région de Kayes. La mesure, décrétée pour une durée initiale de trente jours et potentiellement reconductible, s’applique de 21h à 6h du matin. Elle interdit toute circulation de personnes ou de véhicules, à l’exception des forces de défense et de sécurité ainsi que des ambulances autorisées. Le gouverneur, dans une décision signée et transmise aux préfets et autorités militaires, invoque des « nécessités de sécurité publique ».
Quelques heures avant cette annonce, Kayes avait été le théâtre d’une attaque armée, simultanée à six autres dans le pays, dont Niono, Molodo, Nioro-du-Sahel, Gogui, Diboli et Sandaré. Ces offensives coordonnées, d’une ampleur inhabituelle, ont visé des camps militaires et postes de sécurité. Le ministère de la Défense a confirmé que des unités des FAMa avaient été la cible de « groupes terroristes lourdement armés ». Un communiqué diffusé le même jour faisait état de plus de 80 assaillants « neutralisés », sans autres précisions.
Dans la région de Kayes, l’attaque a ravivé les craintes d’une insécurité transfrontalière grandissante, notamment dans les cercles de Yélimané, Diéma et Nioro, déjà marqués par des tensions ces derniers mois. Les forces locales, en coordination avec les autorités régionales, ont multiplié les patrouilles, tandis que plusieurs axes ont été momentanément bloqués.
Ce durcissement sécuritaire à Kayes s’inscrit dans une dynamique plus large. Dès le 4 juin, la région de Dioïla est passée sous couvre-feu de 22h à 6h, par décision de la gouverneure, qui a évoqué la présence de « cellules dormantes » susceptibles de troubler l’ordre public. À Tombouctou, déjà frappée par une attaque le 2 juin contre le camp militaire et l’aéroport, le couvre-feu instauré début juin a été prolongé. À Ségou, plusieurs localités comme Niono et Molodo appliquent aussi des restrictions nocturnes depuis le mois dernier.
À Koulikoro, la municipalité n’a pas opté pour un couvre-feu strict, mais a imposé des restrictions ciblées. Les motos, tricycles et camions ont interdiction de circuler durant certaines plages horaires nocturnes. Ces mesures, adoptées le 30 juin, visent à « réduire les risques d’actes subversifs et de sabotages », selon un arrêté signé du maire Aliou Moussa Tamboura.
La répétition de ces dispositifs à travers le pays reflète une situation sécuritaire sous tension. Selon plusieurs sources concordantes, ces attaques coordonnées du 1er juillet seraient les plus étendues depuis les événements de 2019. Elles révèlent la vulnérabilité de certaines régions malgré le redéploiement militaire engagé depuis début 2024.
Pour l’heure, les couvre-feux instaurés à Kayes, Dioïla, Tombouctou, Ségou restent en vigueur jusqu’à la fin du mois, impactant la vie économique et sociale dans les zones concernées.
MD/ac/Sf/APA







