Dans son discours devant le Conseil de sécurité de l’ONU lors de la session consacrée au rapport du Procureur de la Cour pénale internationale, Taher El-Sonni a souligné que la Libye ne souhaite pas rester indéfiniment à l’ordre du jour de la CPI ni sous le Chapitre VII du Conseil de sécurité de l’ONU.
Il a ajouté que le Gouvernement d’union nationale considère les droits des victimes libyennes comme une priorité absolue, soulignant que le mandat de la CPI doit reposer sur le principe de complémentarité plutôt que de substitution, les tribunaux nationaux étant l’autorité compétente principale.
El-Sonni a déclaré que les charniers de Tarhouna constituent le « crime du siècle », exigeant une complémentarité effective entre les mécanismes de justice nationaux et internationaux. Il a expliqué que le parquet a instruit 614 affaires liées aux crimes de Tarhouna, rendu 255 décisions et déféré 220 affaires devant les tribunaux.
Il a indiqué que 52 suspects sont actuellement détenus dans l’attente des résultats de l’enquête, tandis que 111 mandats d’arrêt ont été émis contre d’autres suspects impliqués dans des meurtres, des enlèvements et des disparitions forcées. Il a ajouté que cinq auteurs recherchés, dont les crimes constituent des crimes de guerre, ont fui le pays, et a appelé la CPI à intensifier ses efforts et à se coordonner avec le parquet libyen afin d’assurer leur arrestation.
El-Sonni a également révélé que 26 plaintes ont été déposées contre des personnes impliquées dans la traite des êtres humains et le trafic de migrants, et que des dizaines de suspects de nationalité étrangère ont été arrêtés. Il a exhorté la CPI à respecter le principe de complémentarité et à améliorer ses canaux de communication, la mettant en garde contre toute pression ou politisation de ses travaux.
El-Sonni a, par ailleurs, appelé la communauté internationale à concentrer ses efforts sur le soutien à la réconciliation nationale par le biais de la justice transitionnelle et de la recherche de la vérité.
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