Des experts internationaux participant à l’Africa Investment Forum (AIF), ont appelé, mercredi à Rabat, à accélérer les investissements dans les infrastructures digitales afin de permettre à l’Afrique de s’imposer comme acteur clé l’économie digitale mondiale.
Intervenant lors d’une session plénière organisée dans le cadre de l’« Africa Investment Forum» (AIF), le ministre de la Transition digitale et de la digitalisation de la Côte d’Ivoire, Ibrahim Kalil Konaté, a souligné que la digitalisation constitue désormais « un axe stratégique central » de la politique économique de son pays.
« La Côte d’Ivoire a consacré près de 3 milliards d’euros, soit 3,4% du Plan national de développement 2021-2025, à la digitalisation, un effort appelé à s’intensifier entre 2026 et 2030 avec plus de 8 milliards d’euros dédiés au numérique », a dit Konaté, ajoutant que l’objectif est de faire passer la contribution du digital au PIB de 2% actuellement à 12% à l’horizon 2030.
Il at mis en avant le Programme d’accélération digitale de l’administration ivoirienne, financé par la Banque africaine de développement (BAD), soulignant que la transformation de l’administration publique est essentielle pour stimuler l’innovation et renforcer la compétitivité. Konaté a insisté sur deux prérequis majeurs : l’accès à une énergie fiable, indispensable à l’économie des données, et le développement d’infrastructures robustes capables d’être mutualisées au niveau régional.
Colin Hu, président d’Enterprise Business pour Huawei Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale, a, quant à lui, relevé que le continent dispose « d’une opportunité historique » pour devenir un moteur d’innovation digitale grâce à son dynamisme entrepreneurial et à son capital humain jeune. A son avis, l’Afrique devrait renforcer ces investissements dans les infrastructures numériques d’ici 2030, incluant la fibre, les data centers, le cloud et les réseaux de connectivité.
Pour sa part, Ousmane Fall, directeur des Opérations non-souveraines et du Secteur privé à la BAD, a rappelé l’engagement croissant de la Banque en faveur de la transition digitale du continent, soulignant l’importance de mettre en place des cadres réglementaires solides en matière de gouvernance des données, d’interopérabilité, de gestion du spectre et de cybersécurité, nécessaires pour attirer des investissements privés de grande envergure.
« Une transformation digitale harmonisée à l’échelle régionale permettra à l’Afrique de bénéficier d’économies d’échelle, tout en renforçant l’industrialisation, l’innovation et l’accès aux services essentiels pour les populations vulnérables », estime-t-il notant le rôle structurant des infrastructures numériques pour permettre au continent de participer pleinement à la quatrième révolution industrielle.
Organisé par Huawei dans le cadre des AIF Market Days 2025, cette réunion de l’AIF s’inscrit dans la thématique centrale de l’édition : « Réduire les écarts : mobiliser les capitaux privés pour libérer le plein potentiel de l’Afrique ».
Au programme de cet événement figurent un dialogue des ministres des finances autour de l’accélération de l’investissement privé, des panels de haut niveau, et des événements parallèles sur une série de thématiques, notamment sur les instruments de financements innovants, les risques climatiques, la gestion durable de la dette, la transformation numérique, les industries créatives, la mobilisation de l’investissement local, l’intégration régionale, les chaînes de valeurs et l’industrialisation en Afrique.
L’Africa Investment Forum (AIF) est une plateforme d’investissement visant à faciliter les investissements internationaux en Afrique en réunissant les promoteurs de projets, les financiers, les gouvernements ainsi que d’autres parties prenantes clés, dans l’objectif de conclure des transactions.
Dirigé par le groupe de la Banque africaine de développement et six autres partenaires fondateurs — Afreximbank, la Société financière africaine, Africa50, la Banque arabe pour le développement économique en Afrique, la Banque de développement d’Afrique australe et la Banque du commerce et du développement —, l’AIF fonctionne comme une plateforme multipartite et pluridisciplinaire qui rationalise le processus de financement de projets transformateurs sur l’ensemble du continent.
AK/Sf/APA






