Le 9 août 1976, les forces de sécurité de la Rhodésie du Sud, alors dirigée par le régime de Ian Smith, lancent une opération contre le camp de Nyadzonya, au Mozambique, faisant plusieurs centaines de morts parmi les réfugiés et combattants nationalistes zimbabwéens.
Baptisée « opération Eland »,
L’incursion du 9 août 1976 au camp de Nyadzoya, suivi du massacre de centaines de réfugiés et combattants zimbabwéens, est menée par les Selous Scouts, une unité spéciale de l’armée rhodésienne. Les soldats franchissent la frontière avec le Mozambique et attaquent le camp de Nyadzonya, présenté par Salisbury comme une base de la Zimbabwe African National Liberation Army (ZANLA), branche armée de la ZANU.
Les forces rhodésiennes utilisent des véhicules et des uniformes permettant à leurs soldats de se faire passer pour des membres de la ZANLA. L’attaque intervient alors que le camp rassemble un grand nombre de réfugiés et de nationalistes zimbabwéens.
Le bilan demeure controversé. Les autorités rhodésiennes affirment avoir tué plus d’un millier de combattants de la ZANLA. Des sources nationalistes et des organisations internationales estiment toutefois qu’une grande partie des victimes étaient des réfugiés non armés, dont des femmes et des enfants.
Le raid de Nyadzonya provoque une vive condamnation internationale et renforce le soutien à la lutte armée contre le régime minoritaire blanc de Rhodésie.
L’événement intervient dans le contexte de la guerre de libération du Zimbabwe, qui oppose les forces rhodésiennes aux mouvements nationalistes africains. Le conflit prendra fin avec les accords de Lancaster House de 1979 et l’accession du Zimbabwe à l’indépendance le 18 avril 1980.
Le massacre de Nyadzonya reste ainsi l’un des épisodes les plus meurtriers de la guerre de libération du Zimbabwe et un symbole des violences transfrontalières qui ont marqué la lutte anticoloniale en Afrique australe.
Sf/APA







