L’enquête sur la saisie de cocaïne d’une valeur estimée à 19,2 millions de dollars, interceptée à l’aéroport international Roberts, suscite de vives tensions politiques au Libéria. Lors d’une audition au Sénat, parlementaires et responsables sécuritaires ont débattu de la lenteur des arrestations, tandis que les investigations se poursuivent pour identifier les membres d’un présumé réseau criminel transnational.
Une audition marquée par de vives tensions s’est tenue au Sénat libérien dans le cadre de l’enquête sur une importante saisie de cocaïne estimée à 19,2 millions de dollars, interceptée il y a trois semaines à l’aéroport international Roberts.
Les parlementaires ont exprimé leur frustration face à l’absence d’arrestations à ce stade de l’enquête. Le sénateur Abraham Darius Dillon a estimé que les personnes liées à l’entrepôt et à la cargaison devraient être interpellées sans délai, sans attendre l’identification des commanditaires du trafic.
Dans la même dynamique, le sénateur Samuel Kogar a appelé le président Joseph Nyuma Boakai à suspendre plusieurs hauts responsables des services de sécurité, afin de restaurer la confiance du public dans le processus judiciaire et sécuritaire.
En réponse, l’inspecteur général de la police, Gregory Coleman, a défendu le rythme des investigations, expliquant que la progression du statut de « personnes d’intérêt » à celui de suspects nécessite une analyse approfondie de preuves complexes, notamment des expertises médico-légales et des éléments documentaires.
Il a également souligné que les autorités libériennes doivent souvent recourir à une coopération internationale en raison de capacités techniques limitées au niveau local. Gregory Coleman a toutefois rejeté toute accusation de lenteur volontaire ou de dissimulation, assurant que des inculpations formelles devraient intervenir dans les prochains jours.
Initialement considérée comme une affaire de trafic de drogue, l’enquête s’oriente désormais vers la piste d’un réseau criminel transnational structuré.
Les investigations portent notamment sur les dispositifs de sécurité de l’aéroport, les sociétés de transit et de fret, les flux financiers ainsi que les communications électroniques liées à l’opération.
Parallèlement, le ministère de la Justice concentre ses efforts sur l’identification des financeurs présumés du trafic, tandis que l’Agence de protection des témoins appelle toute personne disposant d’informations à collaborer sous protection légale afin de permettre l’établissement complet des responsabilités.
Le Sénat a également ouvert une enquête distincte sur les circonstances de la libération controversée de Michael Browne, un trafiquant de drogue condamné dont le nom est désormais associé à l’affaire.
À mesure que les investigations progressent, les autorités examinent l’ensemble du dispositif de sûreté aéroportuaire afin de déterminer comment la cargaison a pu franchir les contrôles, avec pour objectif d’identifier et de poursuivre les responsables présumés du réseau.
ABJ/lb/ac/APA







